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Dino Viola, Romanista pour la vie

On poursuit notre chronique mensuelle racontant un personnage ou un évènement qui ont fait la Roma, les bons comme les mauvais moments. Ce mois-ci on s’attaque à celui qui fut très certainement le plus grand président de l’Histoire du club : Dino Viola. Un homme dont la deuxième femme s’appelait Roma.

Terrarossa (Toscane), en ce 22 avril 1915, naquit un certain Adino « Dino » Viola. Il n’est encore qu’un petit garçon de 7 ans quand il part pour la capitale italienne pour y faire des études. Il ne le sait pas encore mais un grand destin sportif l’attend. Il y empoche un diplôme d’ingénieur.

En 1930, Adino commence à jouer au football dans la capitale. A une époque où la Roma, qui avait pour entraineur Herbert Burgess, jouait au mythique et bouillant Campo Testaccio . Il ouvre, pendant l’entre deux guerres une usine d’armement. Trente-trois ans plus tard, il devient membre du club giallorosso.

L’année 1967 est une année phare : d’abord à peine dans les petits documents de la Roma, il commence à grimper les échelons sous la présidence de Gaetano Anzalone et finit par en devenir le président après la démission de ce dernier, le 16 mai 1979. Viola devient  président de la Roma, et la Roma devient tout pour Dino. Dès le lendemain de sa prise de fonction, à 18h, il appelle un certain Nils Liedhom pour lui demander de revenir à Rome, en effet le suédois avait déjà coaché la Louve entre 1973 et 1977.

La Roma de Dino Viola

En 1982 il déclare que tout est en place pour donner à la Ville de Rome le scudetto qu’elle attend depuis 40 ans. Pour cela, Le club va s’appuyer sur des cadors du football : un entraineur innovant en la personne de Nils Liedhom, qui apporte la défense en zone (chose très rare en Italie à l’époque), une défense impénétrable constituée de Franco Tancredi, Pietro Vierchowood et Sebastiano Nela, un magnifique milieu de terrain composé de Agostino Di Bartolomei, Carlo Ancelotti ainsi que Falcao, et une attaque de feu avec Bruno Conti et Roberto Pruzzo, l’un des meilleurs buteurs de l’histoire du club. Et effectivement, le 8 mai de l’année suivante, après un partage contre le Genoa, la Roma remporte le deuxième sacre de son histoire. Dino devient le deuxième président de la Roma à parvenir à ce véritable exploit, après Edgardo Bazzini. Notre président ne manquera pas de remercier les supporters et la Curva sud qui semblent le remplir d’énergie : « Je vous embrasse, vous êtes la force de cette équipe ». Cette année, la ville est en véritable extase au point qu’Antonello Venditi, qui avait écrit l’hymne du club, fut inspiré pour écrire « Grazie Roma », légendaire musique que l’on entend à l’Olimpico à chaque victoire de la Roma.

L’Histoire ne s’arrête pas là ! Nous arrivons en 1984, en coupe des clubs champions (ancêtre de l’actuelle ligue des champions, ndlr).L’équipe entrainée par Liedholm semble impossible à arrêter avec des victoires contre Goteborg, le CSKA Sofia, Dinamo Berlin et Dundee United. La Roma trace direction la finale qui a lieu… A ROMA ! Les giallorossi ont les cartes en main pour réaliser l’exploit. Ironie du sort, elle est  éliminée par Liverpool aux pénalty (tir manqué de Roberto Pruzzo). C’est évidemment un drame, mais il faut se rappeler que 20 ans auparavant, la Roma risquait la liquidation. Il y a cependant une légère tâche noire : le jury de l’UEFA a tenté de condamner (pour 4ans) la Roma pour corruption de l’arbitrage lors des demi-finale (face à Dundee), la Roma fut sauvée par la prescription.

Malheureusement, il faudra cumuler cela avec un autre drame, le 3e scudetto échappe aux giallorossi de 2 points, au profit de la Juventus.  Malgré cela, la saison ne sera pas blanche : victoire finale en  coupe d’Italie contre Verona.

Outre le scudetto de 1983, ses 11 années de présidences seront récompensées par 5 coupes d’Italie (1979-1980, 1980-1981, 1983-1984, 1985-1986 et 1990-1991). Avec lui, la Roma a notamment fini 3x deuxième, 2x troisième.

En 1991, c’est l’apogée, la Roma se hisse en finale de la Coupe UEFA mais sera finalement battue par l’Inter 2-0, encore à l’Olimpico. Les giallorossi savent qu’une ère vient de se terminé et célèbrent. La même année, le 19 janvier, Dino Viola disparait après une grave maladie. Quelques mois plus tard, la Roma remporte la coupe de 1991, comme un symbole, le dernier titre de Dino Viola. Le lendemain de sa mort, la Curva Sud brandissait: « Tu as beaucoup donné en 12 ans, hier tu as tout donné ».

Un président tifoso

Si aujourd’hui, de plus en plus de clubs sont repris par des groupes financiers, des holding ou des hommes d’affaires ayant simplement comme but de faire fructifier de l’argent, il n’en a pas toujours été ainsi, et la Roma peut s’en vanter. Dino Viola était un président à part, un véritable tifoso du club, un vero Romanista.

Son amour pour la Roma était sans limite, même en temps de guerre! En effet; en 1942 il était à Pontedera, près de Pise en tant qu’officier de l’armée Italienne. Le 7 juin lui et sa femme avaient fait le déplacement jusque Livorno (37km) pour voir l’avant dernier match de la Roma qui la sacrera championne et qu’elle gagnera 2-0, avec des buts de Miguel Angel Panto et d’un certain Amedeo Amadei.

Lui-même s’est une fois raconté : « Je suis arrivé à Roma quand j’avais 7ans. A 8 ans j’étais déjà un fervent tifoso de la Roma. J’allais à Testaccio en transport en commun. J’ai joué avec les giallorossi quand le mister Burgess entrainait l’équipe. Mon ami Silvio Piola m’avait amené à la Lazio pour un test, ça s’était bien passé mais je n’ai pas continué car je n’étais attiré que par les couleurs de la Roma ».

En 1990, lors de la fête de Noel du club, Adino a donné un dernier signe de sa présidence, il a rencontré un certain jeune joueur dont le prénom est Francesco. Dino lui a dit : “On m’a dit que tu es bon, continue comme ça”. La suite appartient à l’Histoire…. Grazie Dino !

« La Roma non ha mai Pianto e mai piangero perche piange il debole, il forti non piangono mai » [Dino Viola]

Antonino