Des Messi(es) à l’AS Roma ?

A chaque fin de mois, le site Cesololaroma (par l’intermédiaire de Chris alias SPQR) a décidé de vous rédiger un petit billet d’humeur sur le mois précédent. Nous commencons donc avec ce mois de juin, et donc logiquement sur les changements radicaux de la direction giallorossa. En passant par son président, son organigramme, à l’entraineur.

Trop contents du départ de la « grande méchante » Rosella Sensi, certains ne se rendent pas compte de la portée historique de cette arrivée. Après près de 18 années aux mains de la famille Sensi (officiellement 15 ans pour Franco et 3 ans pour sa fille Rosella), le club passe en mains étrangères, avec en première ligne l’investisseur américain Di Benedetto. On ne connait pas grand-chose de lui, mis à part qu’il est propriétaire de la mythique équipe de baseball des Boston Red Sox et qu’il avait des intérêts dans le club de Liverpool. Il ne s’intéresse donc pas à n’import quel club, et n’en fait pas n’importe quoi. C’est donc rassurant de voir qu’il ne s’agit pas d’un milliardaire à la Manchester City qui va jeter l’argent par les fenêtres.

Reste que ce changement de propriétaire est un évènement majeur puisque la famille Sensi en détenant le club durant 18 ans est de loin la plus longue présidence de l’histoire romanista. Sous l’ère Sensi, le club a connu des hauts (un scudetto, deux coupes d’Italie et deux supercoupes) et des bas (notamment les saisons 2002-2003 (8ème), 2004-2005 (8ème) et 2008-2009 (6ème) ). La fin de règne des Sensi se termine malheureusement par une saison décevante (6ème place).

Autant Franco Sensi a fait l’unanimité, les « années Rosella » furent plus mouvementées. Soyons clairs, son départ était inévitable. Mais si on peut contester sa gestion du club, n’est-ce pas grâce (ou à cause suivant le point de vue) à celle-ci que la Roma est ce qu’elle est ? Rosella gère le club depuis la saison 2004-2005 et pendant ces années, elle a mis en place un système d’autofinancement. Être un club « sans » moyens financiers et rivaliser avec les clubs les plus riches n’est-il pas ce qui a fait notre fierté ces dernières années ? Durant les « années Rosella », l’arrivée de Spaletti a apporté à l’équipe sûrement un des plus beau jeu jamais vu à la Roma. Tout le monde se rappelle du magnifique parcours en Champions Ligue avec deux quarts de finale, des sublimes victoires contre Lyon, Real, Chelsea, ainsi que des deux Coupes d’Italie et de la Supercoupe. En définitif, ce qu’il aura véritablement manqué à Rosella est un titre de champion.

Beaucoup de tifosi se réjouissent donc du départ de Rosella Sensi et de l’arrivée de Di Benedetto à la tête du club. Et même si on a pas le droit de le dire, car il faut garder les valeurs d’une petite Roma face aux « bigs » méchants clubs friqués du nord, on se réjouit quand même un poil de voir ce que l’arrivée d’un grand investisseur nous réserve… surtout pour le mercato…

A ce sujet, on peut déjà dire que cela ne pourra pas être pire qu’avant, puisque cela fait des années que l’on commence le mercato avec un budget négatif. Et en plus on a un nouveau directeur sportif, tout beau, tout neuf… enfin… plus très beau et très neuf surtout à cause de la cigarette, mais au moins il est censé être compétent. C’est en tout cas à ce jour la meilleure recrue de la nouvelle présidence.

En parlant de directeur sportif, notre ancien dénicheur de perles du football, aka Daniele Pradé, est poussé vers la sortie. Il y a tout de même une chose étrange… Si on regarde son bilan général, on peut presque dire qu’il s’en est bien sorti. Sans argent, il a réussi ces dernières année à former une équipe rivalisant souvent avec l’Inter (et ses millions) pour le titre. Pourtant, de près son bilan est moins reluisant… On ne va pas entrer dans le détail (beaucoup trop long), mais rendons lui hommage en citant quelques uns des plus beaux talents qu’il nous a dégoté : Barusso, Esposito, Cicinho, Pit, Nonda, Eleftheropoulos, Kuffour, Comotto, Baptista, Loria, et le meilleur pour la fin Adriano ! Quand on voit ça, on se dit que les autres joueurs devaient être quand même vachement bons…

Quoiqu’il en soit, en même pas un mois qu’il est là, Walter Sabatini a pris plus l’avion que Pradé en 6 ans… C’est donc encourageant… Mais attendons de voir ce qu’il nous réserve, parce que pour l’instant, à part des rumeurs, il n’y a pas grand-chose. Alors certes il y a encore le temps avant la fin du mercato, mais il serait bien que les futures recrues puissent s’entrainer un peu avec leurs nouveaux coéquipiers avant de commencer le championnat.

La première recrue officielle au niveau sportif est celle de l’entraineur Luis Enrique. Du côté des tifosi, la réaction est mitigée. Il faut dire que l’on s’attendait à quelqu’un avec un poil plus d’expérience. Montella n’était peut être pas l’entraineur adéquat pour porter le nouveau projet de l’AS Roma, mais au moins il connaissait parfaitement la Serie A, le club et même certains joueurs. Mais bon, Enrique entrainait le Barça B et quand ça touche au fantastique Barça, ça fait tout de suite plus crédible… même s’il n’est entraineur que depuis juin 2008… Mais comme pour le reste, attendons de voir pour juger…

A titre de conclusion, même si certains accueillent Di Benedetto et Luis Enrique comme des Messies (dsl à ceux qui ont cru que Lionel Messi arrivait et ont lu l’article avec espoir jusqu’au bout), je regrette un certain mépris entourant le départ de personnes ayant marqué l’histoire de la Roma.

SPQR(Chris)