Photo tirée du site Romagiallorossa.it

Alberto De Rossi, entraîneur de la Primavera de l’AS Roma, qui fête ses 61 ans aujourd’hui, s’est exprimé dans un interview au journal Il Romanista :

« Si je me considère un entraîneur chanceux ? Ma chance a été celle d’entraîner dans toutes les catégories. J’ai eu une progression graduelle et naturelle. Quand je suis arrivé en Primavera je n’ai pas beaucoup senti la différence, avec la génération 1984. J’ai enseigné et beaucoup donné aux joueurs, mais eux aussi m’ont beaucoup donné. Beaucoup plus d’étrangers qu’il y a 20 ans ? Je ne fais pas une question de quantité, mais de qualité. Parce que si les étrangers sont forts, alors ils font augmenter aussi la compétitivité de nos joueurs. La Roma, cependant, la saison dernière, en finale de Supercoppa contre l’Inter, avait sur le terrain neuf joueurs romani, plus Tumminello sicielien, mais avec nous depuis longtemps, et Keba. Comment est Tumminello ? Très fort, mais je ne veux pas rentrer dans les détails. Si je devais faire un onze type des joueurs que j’ai formé ? Curci, Ferronetti, Romagnoli, Antei, Marchizza, Florenzi, Aquilani, Viviani, Pellegrini, Bertolacci, Politano, Caprari, Okaka, Cerci, Corvia, Ciciretti, Greco, Mazzitelli, Calabresi, Ricci, Rosi, Tumminello, Verde, Verre… Non, il y en a trop. Considérant ceux formés plus récemment, je pense à Soleri, Di Livio, Machin, Bordin, D’Urso, Luca Pellegrini qui revient de blessure. Il y en a trop pour faire un onze type. Concernant Luca Pellegrini, si cela est un avantage ou désavantage d’avoir un agent comme Raiola ? Disons que ce sont des situations très difficiles. Daniele De Rossi ? Je me suis toujours refusé de l’entraîner, autant chez les jeunes qu’en équipe première. J’ai eu deux occasions de prendre l’équipe première de la Roma, mais j’ai refusé.

Pour Daniele ? Oui, cela me semble un choix naturel. Pour un père cela est spontané de ne pas créer un problème à son fils. Je le dis sereinement, sans vouloir faire le héro. Si j’ai le regret de ne pas avoir entraîné chez les professionnels ? Absolument pas. Mon travail est le plus beau du monde, du moins ça l’est pour moi. Je suis chanceux et je me sens un privilégié. Par le passé j’ai reçu des offres venant de Serie B, mais j’ai toujours choisi de travailler avec les jeunes. Et puis, je suis à la Roma, un grand club. La définition d’un bon entraîneur chez les jeunes ? Ce n’est pas forcément celui qui pense à améliorer seulement les prestations sportives de ses joueurs. Former un jeune à cet âge est un travail qui demande milles attentions, pas seulement au niveau technique ou tactique. A la Roma on ne se limite pas à former seulement le joueur, mais nous voulons faire grandir les hommes et les professionnels. En ce sens la Primavera est une étape fondamentale ? Oui. C’est la dernière étape avant d’entrer dans le milieu professionnel. Et c’est la phase la plus délicate parce que durant ces années se définit la personnalité des joueurs. Et c’est à ce moment qu’il faut transmettre la nécessité de savoir réagir, ne pas tout jeter après une défaite, tourner la page pour repartir en apprenant de ses erreurs. Le travail du staff est aussi important chez les jeunes ? C’est fondamental. Mon travail est un travail d’équipe. Nous sommes un groupe sérieux et uni, surtout un groupe sur qui on peut compter. Pour nous ils ne sont pas des fils, mais la figure du Miter n’est pas seulement celle d’un entraîneur mais aussi d’un éducateur. Il faut savoir enseigner aux joueurs à devenir adultes, à reconnaître certaines valeurs et comment se comporter dans la vie, notamment quand ils arrêteront de jouer au ballon ».

Si l’écart entre la Primavera et la Serie A est aussi grand ? Oui. Dans le centre de formation, le joueur est un sujet, en pro il devient un objet. Tout est différent. Au centre de formation, on travaille pour voir des résultats dans un laps de 6 mois, chez les grands cela est réduit à 6 jours. Si je suis favorable aux équipes B ? (prévu pour la saison prochaine, ndlr) Evidemment. Pour un club comme la Roma, une seconde équipe en Serie B serait une solution, une rampe de lacement pour de nombreux de nos jeunes. Sur quel joueur j’aurais parié un grand avenir mais qui s’est perdu ? Emiliano Landolina. Il me rappelait Rivaldo, mais je ne lui disais pas. J’étais convaincu qu’il pourrait devenir un joueur important. A l’inverse, un sur qui je n’aurais pas parié ? Il y en a souvent, mais je dirais Politano. Au début il semblait quelqu’un qui ne se prenait pas trop au sérieux. Un jour je l’ai pris à pars et j’ai été très dur en lui disant qu’il laissait passer sa chance parce qu’il avait les qualités pour une grande carrière. 600 matchs sur le banc de la Primavera, qu’est-ce qui m’a donné la plus grande satisfaction ? La finale de Coppa Italia à l’Olimpico contre la Juventus. Merveilleux. Il y avait 20 000 tifosi, cela fut une fête infinie, tous à chanter. Inoubliable. Les matchs que je voudrais revivre ? La finale de Supercoppa contre l’Inter, la finale de Coppa Italia contre l’Entella, la finale scudetto en 2011 contre le Varese, où Montini égalise à la dernière seconde et on gagna en prolongations. Et puis la demi-finale et finale scudetto 2016, Inter et Juventus, équipes très fortes, gagnés aux tirs au but. Et puis j’aime me rappeler de la saison précédent ce troisième scudetto : nous avions une grande équipe avec Pellegrini, Calabresi, Capradossi, Sanabria, Verde, jouant 49 matchs, cela a été la première année en Youth League, arrivant quasi au bout de chaque compétition. Je ne peux que me rappeler que la victoire à Londres contre Chelsea, qui ne perdait plus chez lui depuis trois ans et demi.

Un match que je voudrais rejouer ? Lé 1/4 de finale de 2005/2006. Nous perdions contre la Fiorentina, mais nous étions nettement plus forts, nous avions des joueurs comme Cerci, Okaka, Greco, Virga, Marsili, Freddi. Quelles valeurs je veux transmettre aux joueur ? Etre correct et cohérent. En cela, j’ai de la chance parce que je suis moi-même. Je suis le résultat, mais plus durant les entraînements qu’en match. La saison passée nous n’avons jamais eu d’expulsions et nous sommes ceux avec le moins de jaunes, pratiquement cependant un des plus beaux jeu. Si le centre de formation a changé depuis mes débuts ? Tout. Quand j’ai commencé avec le Primavera, le staff était de 4 personne, désormais nous sommes 14. Et de cela ne je peux que remercier le club qui m’a toujours tout donné. Le football a évolué. Nous avons fait des tournées dans le monde entier : Vietnam, Afrique du Sud, USA, Canada, la Youth League a été une grande innovation, la compétition est très relevée. Les sollicitations sont diverses mais cela les fait grandir plus vite. Désormais nous avons aussi le match analyst. La technologie est à l’avant-garde, nous utilisons la même que l’équipe première et cela aide énormément. Quand je dirais stop, est-ce que j’aimerais voir sur le banc de la Primavera un certain Daniele De Rossi ? Comme papa je dis seulement que Daniele peut tout faire ».