Photo tirée du site Nimes.maville.com

Alors que le livre autobiographique de Francesco Totti, « Un Capitano », est sorti il y a quelques jours dans les librairies, certains révèlent quelques anecdotes croustillantes et sulfureuses entre l’ex-numéro 10 de l’AS Roma et son ex-entraîneur Luciano Spalletti :

« Je suis allé dans un coin du self pour manger, loin de Spalletti et du staff. Vito Scala est venu m’appeler et il me dit que le mister voulait me parler concernant l’interview fait la veille (où je demandais du respect de la part de la società au regard de la prolongation). Nous avons été dans une salle de réunion et il avait en main les journaux du matin qu’ils agitaient dans tous les sens: « Que dois je faire à présent ? ». Il répéta cela trois fois d’un ton dur: « Mister, avez-vous écouté l’interview ? Vito l’a enregistré… ». « Je me fiche de l’interview, ce qui compte est ce qui est écrit ici ». « Si vous lisez bien, c’est à la società que j’ai demandé plus de respect ». De mémoire, cela a été la première fois qu’il y a eu un évident signe de gel entre nous. « Stop, inutile de poursuivre, tu ne comprends pas. Tu as fauté, et désormais tu rentres chez toi ». C’est la punition la plus humiliante. Chassé de Trigoria, moi. Chassé de ma maison. Je tremblais de rage. Après un long silence, je dis les mots les plus cinglants qui me viennent à l’esprit: « Très bien, j’accepte sa punition. Nous verrons si ça sera lui ou moi qui payera les conséquences ». « Est-ce des menaces ? ». « Vous savez qu’à Rome les gens sont de mon côté ». « Désormais tu es comme les autres, aussi oublié que tu n’a été irremplaçable avant ». « Tu es un lâche, désormais que tu n’as plus besoin de moi ‘mi rompi il cazzo eh ?’ (que l’on pourrait traduire en français par tu me casses les couilles, ndlr) ».

Je m’en suis allé, un quart d’heure plus tard j’étais chez moi et ma femme était stupéfaite. J’avais le moral bas, peut-être au plus bas que je me souvienne, je n’avais envie de voir personne. Le match contre Palerme était le soir, mais j’excluais d’aller à l’Olimpico, je ne supporterais pas les regards de tous sur moi. C’est alors que Ilary a pris le contrôle de la situation : Si tu vas au stade, nous y allons tous : famille, amis, parents, tous. N’ai rien à craindre. Si ce soir nous n’allons pas au stade je te plante. Je ne supporterais pas l’idée que tu te plies aux injustices ». Preuve d’amour, mais c’est une belle menace… Avant le match, je suis passé dans le vestiaire. Spalletti m’a demandé ce que je faisais là et j’ai répondu qu’un capitaine va toujours saluer ses coéquipiers. Puis, j’ai su qu’il avait été sifflé à l’annonce des compos d’équipes. Je me dirige vers la tribune et cela fût un parcours anxieux parce que j’avais en tête milles pensées et surtout je me demandais ce qui m’attendait une fois à mon siège, là où tous pourront me voir… Seulement des applaudissement. Une standing ovation, longue ».

Puis arriva l’Atalanta…
Nous en sommes quasiment venus aux mains. Le tout naît de la veille du match, j’étais dans la chambre avec Pjanic et Nainggolan, sur l’ordinateur. Mire e Radja sortent et je ferme la porte derrière eux. J’entends la voix sarcastique de Spalletti: « Ne faites pas les fourbes, je sais que vous étiez dans la chambre de Francesco, vous jouiez aux cartes (expressément interdit par l’entraîneur toscan, ndlr) » et Mire répond: « Quelles cartes ? Non, nous étions sur l’ordinateur ». « Nous ferons les comptes demain », a été la dernière menace qui m’arriva. Le lendemain matin, au petit déjeuner, on ne s’est pas salué. Marco Domenichini, un membre de son staff, vient en avant-garde: « Mais qui jouaient aux cartes ? »… « Non, pas de cartes. Ordinateur ». J’avais l’impression de parler à des enfants et cela n’était pas fini parce que dans la causerie d’avant-match, on nous a communiqué une formation où il n’y avait pas Pjanic (la punition est évidente), tandis que Spalletti répéta que le jeu de cartes est interdit et que, certains, la nuit passé, ont rompu cette interdiction. Je n’ai pas eu la force de répliquer…

Puis arrive le match. Sur le 3-2 pour l’Atalanta, Spalletti vient vers nous – moi et Mire étions assis à côté – et nous dit: « Ca sent le roussi, en conférence de presse je raconte tout ». A dix minutes de la fin, j’entra à la place de Daniele, et rapidement je marqua le but du 3-3 avec une belle frappe tendue. 2 minutes après, Dzeko ne conclut pas ma passe pour le 4-3. Expulsé pour protestation à une minute de la fin, Spalletti nous attendait à l’entrée du vestiaire, visiblement énervé. Quand le dernière de nous entra, il ferma la porte et commença à hurler. Mon emplacement était le plus loin de l’entrée. Il y a eu un gros silence. Quand je soulève la tête, je trouve le visage de Spalletti à un centimètre du mien. « Stop, ne me fais pas chier, tu prétends encore commander alors que tu devrais partir… jouer aux cartes malgré mes interdictions, c’est fini ». Disant cela en criant. C’est l’ultime litige entre moi et lui, dans le sens qu’ensuite j’étais tellement énervé qu’il a fallu nous séparer pour ne pas que ça aille plus loin ».