Ce long interview de Zaniolo juste avant sa grave blessure au genou

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Quelques jours avant sa grave blessure au genou, Nicolò Zaniolo a livré un long interview au micro de DAZN :

« Si je pensais faire autant de choses en si peu de temps ? J’espère le faire. Je connais mes caractéristiques. Je pensais pouvoir le faire mais pas en aussi peu de temps. Je me définis toujours comme un meneur de jeu ? Je me suis toujours diverti à ce poste parce que quand je vais sur le terrain, la première chose à laquelle je pense est de jouer et m’amuser, et à ce poste j’y arrive mieux. Je peux aussi faire le milieu relayeur, comme l’ailier pour les caractéristiques que j’ai. Je ne me vois pas encore dans un rôle défini parce que je dois encore bien me former en tant que joueur. Balzaretti a dit que je peux devenir un des meilleurs milieux relayeurs au monde ? Federico m’a beaucoup aidé la saison dernière à m’intégrer, il m’a donné beaucoup de conseils, je dois fortement le remercier. Il y a des défauts que je dois encore améliorer, comme mon pied faible ou le choix du geste technique et de la dernière passe. Si j’ai toujours cru pouvoir devenir un joueur professionnel ? Non, mon parcours parmi les centres de formation a été difficile, je n’ai jamais été quelqu’un qui était programmé pour devenir pro. J’étais petit et en retard physiquement, je devais encore entrer dans ma phase de développement, mais j’ai toujours travaillé et quand la Fiorentina m’a mis dehors pour motifs techniques je suis parti avec la même envie et enthousiasme, et je suis allé à l’Entella, où j’ai trouvé ma place et des personnes qui croyaient en moi. Cela a été le tremplin de ma carrière ? Je suis arrivé en tout fin de préparation. J’étais au bar de mon père et je n’avais pas joué les 4 premiers matchs. Je pleurais en disant à mon père que si je ne jouais pas là alors je changerais de sport. J’étais hésitant. Mon père m’a dit d’essayer de faire la dernière semaine à mille à l’heure, sans avoir de regret, et je l’ai fais. J’ai joué contre Palerme et je ne suis plus jamais sorti.

Les débuts en Serie B ? Nous étions à Benevento. Cela faisait 2-3 semaines que le mister Breda me parlait du fait que je m’entraînais bien et que je devais continuer ainsi. Disons que c’était dans l’air, mais je ne m’y attendais pas, parce que Benevento était une équipe forte. Nous étions à 0-0, le mister m’a fait rentrer à quelques minutes de la fin, j’ai fais l’échauffement le plus rapide de ma vie. De là tout a commencé. Début en Champions League contre le Real Madrid et appelé en Nazionale sans avoir débuté en Serie A ? J’ai su que je jouerais au Bernabeu le matin, je suis resté toute la journée à fixer l’horizon. J’étais comme paralysé. Dans le tunnel, je ne voyais pas le terrain, je voyais un mur blanc de champions tel que Ramos, Bale et Modric. Il faut être bon à ne pas penser au contexte mais à ce qu’on sait faire, parce que si le mister te fait jouer alors il y a une raison. J’ai essayé de donner le meilleur et cela n’a pas été aussi mal. Le premier appel en Nazionale ? Je mangeais une pizza chez un ami, j’ai vu mon nom parmi les convoqués de Mancini et j’ai cru à une erreur. Puis la nouvelle a circulé et donc j’ai commencé à y croire. Puis est arrivé l’appel du team manager de la Nazionale, c’était un samedi, me disant que dans deux jours je devais être avec la sélection. Je me suis mis à pleurer et j’ai appelé mes parents, qui ont eux aussi pleuré. Cela fut une semaine parfaite, je n’ai pas dormi durant deux jours. Encore aujourd’hui je ne réalise pas tout cela, c’est peut-être ma force. Je pense chaque jour à m’entraîner, me divertir et rendre fier les tifosi de la Roma parce qu’ils le méritent vraiment. Je ne regarde jamais derrière moi, toujours devant.

Le premier but en Serie A contre Sassuolo ? Cela faisait 2-3 semaines que je cherchais le premier but en Serie A. J’avais commencé à trouver du temps de jeu. Nous venions d’un match contre Cagliari où j’avais eu 3-4 occasion où j’aurais pu mieux faire et durant toute la semaine j’ai pensé à ces occasions, donc je le voulais fortement. Contre Sassuolo, je suis arrivé devant la cage et j’ai dis « je ne peux plus me tromper ». J’ai vu deux défenseurs à terre et l’unique façon de les passer était la louche. C’est la plus grande émotion que j’ai vécu quand le ballon a franchi la ligne, je ne savais pas comment exulter. Je voulais enlever mon maillot j’ai j’avais déjà pris un carton et donc j’y ai repensé à deux fois. A la fin du match mon père m’a demandé comment ce geste m’est venu à l’esprit. Devant le gardien, j’ai su garder mon sang froid et faire ce lob. Cela a été un instinct pur, parce que je ne l’ai jamais testé à l’entraînement. Avant ce but j’étais encore un jeune pour les coéquipiers, et après je suis devenu un adulte. Cela m’a aidé à mieux m’intégrer dans le vestiaire, mais j’étais déjà intégré avant. Les coéquipiers m’ont accueilli comme une famille. Ce que je pense des critiques ? Dans ma vie de footballeur j’ai toujours eu plus de déceptions que de satisfactions jusqu’ici, donc peut-être les critiques m’ont toujours servi pour donner quelque chose en plus, pour être plus fort. L’année passée a été une période où on attendait beaucoup de moi parce que j’avais fais beaucoup très vite et je ne réussissais pas à le répéter. Je ne me suis jamais abattu, j’ai toujours été sur le terrain avec le sourire, cherchant à donner le maximum et à m’améliorer. Puis, une società et un environnement comme la Roma redemande beaucoup en retour et c’est normal qu’il y ait des critiques si les prestations n’ont pas été à la hauteur. Les critiques m’ont fortement renforcé parce que je ne nie pas que ça m’a touché parce que ça n’est jamais beaucoup d’être critiqué pour un jeune de 20 ans, pour moi ces critiques sont désormais loin derrière et désormais j’ai les épaules beaucoup plus larges. Désormais je pense à jouer et à me divertir, puis si la prestation est bonne alors tant mieux, mais l’important est de faire gagner l’équipe. Quelle est la première compétition de la Nazionale dont je me souviens ? 2006. J’étais en vacances avec ma famille et donc j’ai vu la finale avec des français. Je mangeais au Macdo, le match était diffusé et j’ai vu le but de Materazzi et j’ai exulté. Ils m’ont regardé un peu mal ».