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Bojan: « A Rome, je me sens enfin important »

Bojan Krkic est revenu sur sa nouvelle expérience dans la Capitale. L’attaquant espagnol s’est exprimé dans un long interview au quotidien espagnol Sport, où il revient sur la Roma, ses ex-coéquipiers du Barca, et sur le possible retour en blaugrana au cours des années à venir :

Comment se déroule cette nouvelle vie ?
« Je m’adapte de mieux en mieux ».

Est-ce la première fois que tu vis loin de chez toi ?
« Oui, je suis une personne très attaché à la Catalogne, où j’ai vécu toute ma vie entre Lynyola, Mollerussa, Bellpuig et Barcelone. Je n’ai jamais bougé de cette zone. Cependant je me trouve très bien ici parce que de toute façon je suis venu à Rome pour le football ».

En parlant de football, comme cela se passe ?
« Grâce à Dieu cela va bien, pas seulement pour le premier but et pour le temps de jeu que j’ai eu, mais aussi parce que je commence à retrouver la sensation de me sentir important et donc à être heureux avec le football ».

D’où arrive tout ce bonheur ?
« De l’envie avec laquelle je me lève le matin, l’envie de m’entraîner, de savoir que je serais utile, que j’obtiendrai quelque chose. Je dois travailler pour jouer, cependant je sais que de cette façon j’aurai la possibilité d’exploiter mes occasions et de faire voir que j’ai confiance. À Rome je récupère tout ceci ».

Tu reviens à être un footballeur.
« Exact ».

Tu es parti avec une conférence de presse qui a montré un Bojan que nous ne connaissions pas. L’avais-tu préparé ?
« Non, absolument pas. Ni moi ni mon staff ne voulions que je m’en aille après tant d’années sans rien dire, avec un simple communiqué. Je voulais saluer tout le monde et les mots me sont sortis du coeur. Cela a été une conférence de presse très émouvante pour moi parce que tout ce que j’ai dis étaient des sentiments réels, autant positifs que négatifs. J’ai voulu remercier ceux qui m’ont toujours appuyé, et également tous les tifosi qui m’ont toujours soutenu. Parce que j’ai été, je suis et je serais toujours un blaugrana ».

Quel souvenirs te restent de ces quatre années passés avec l’équipe première de Barcelone ?
« Barcelone a été ma vie. Dépuis que j’étais petit il m’a enseigné tant de choses et pas seulement au niveau du football : dans la cantera, dans les entraînements, dans les tournois. Il m’a enseigné la façon de vivre. Je me sens privilégié d’être blaugrana et d’avoir eu l’opportunité de jouer dans ce club ».

Que rayerais-tu ?
« Rien ».

Même pas les instants négatifs ?
« Rien, parce que j’ai toujours dit qu’il est difficile de dépasser les instants négatifs, cependant lorsque tu arrives à les dépasser ils te donnent la maturité et la force pour affronter tout ce que tu rencontreras dans la vie ».

As-tu eu le temps de réfléchir sur ta carrière à Barcelone ?
« Je suis plus conscient par rapport à tant de choses. La vie que je passais dans le football était faite de succès, de succès et de succès. Il n’y avait pas de déceptions, de jours tristes, je marquais toujours et nous gagnions des trophées. C’était un peu irréel. J’avais besoin de me rendre compte de comment était la vie. Ma mère me dit que je suis passé, à 21 ans, par des situations qu’elle a du affronter à plus de 30 ».

Pourquoi es-tu parti ?
« Être à Barcelone est extraordinaire. Tu exploites le fait d’être dans un club historique, tu es importants dans de nombreux instants, tu es près de ta maison, près de la famille. Tout est extraordinaire. Cependant je suis un footballeur et donc il me manquait de jouer au football. Surtout lors de la dernière année, tout était beau à part mon temps de jeu ».

Pourquoi as-tu que tu n’avais pas la même opinion que Guardiola comme entraineur par rapport au Guardiola joueur ?
« Guardiola est le meilleur entraîneur que j’ai eu et qu’aura Barcelone. Pour les résultats, pour le moment dans lequel il arriva, dans une situation qui n’était pas facile, et tout ce qu’il a gagné la première année. Et parce qu’aujourd’hui l’équipe continue de recevoir des éloges de tout le monde pour le football qu’il met en exposition. Comme joueur, logique, je ne peux pas …… Je dis seulement que je n’ai pas eu les opportunités que je méritais ».

Pourquoi tu ne jouais pas ?
« J’ai dit beaucoup de fois que j’avais des instants où je n’étais pas bien : par manque de confiance vu que je jouais peu ou parce que je me montais la tête sans motif et cela abaissait mon rendement. Cependant dans d’autres instants je croyais que j’aurais pu jouer et l’opportunité n’arrivait pas ».

Quand as-tu su que tu irais à la Roma ? Comment t’es-tu senti ?
« J’ai le souvenir que mes parents m’ont appelé tard dans la nuit, très heureux, et me dirent que le transfert était fait. Ils étaient très contents parce qu’ils voulaient me voir encore heureux. Cependant ma mère remarqua quelque chose d’étrange et me dis « n’es-tu pas content » ? Je l’étais, cependant quelques fois j’étais triste. C’était une double sensation. On m’ouvrait la porte d’un grand club où j’aurais pu récupérer la confiance, cependant je gardais à l’esprit mes 12 ans passées à Barcelone. Jamais je me serais imaginé avec un autre maillot. C’est quelque chose que j’ai su digérer et grâce à la Roma et aux tifosi je me sens chaque jour meilleur ».

Au Camp Nou tu as laissé des grands amis.
« 4 ans dans un vestiaire est beaucoup, et les personnes avec lequel j’ai tout partagé sont extraordinaires. Je les vois comme des copains, comme amis, pas seulement comme footballeurs. Par exemple Iniesta, Puyol, Xavi, Víctor Valdés, Gerard ….. j’ai vécu tant de choses avec eux ».

As-tu gardé des contacts avec eux ?
« Oui. Avec Andrés nous parlons beaucoup, nous sommes très amis. Je lui demande des nouvelles de son enfant et lui de ma vie à Rome. Après chaque match ils m’envoient des messages et je fais de même ».

Es-tu nostalgique ?
« Évidemment, lorsque je les vois à la télévision, j’ai la sensation que je les reverrai très vite. Ils me manquent tous ».

Que ressens-tu quand tu les vois à la télévision ?
« Le sentiment que Barcelone est grand, et lorsque je les regarde j’ai un sentiment de tristesse et de nostalgie très fort. La première chose que je pensai a été que je ne verrai aucun match parce qu’autrement je me sentirai très triste ».

Cependant ?
« Cependant la première rencontre, le Clásico de Supercoppa, je n’ai pas pu l’éviter. Ni la seconde, ni la troisième. Et jusqu’à présent j’ai vu tous les matchs. Il est vrai que j’ai envie de les voir. D’abord parce que je suis un tifoso, et puis parce que je veux qu’ils gagnent toujours, et enfin pour mes ex-copains dont je m’amuse à voir comment ils jouent au football ».

T’amuses-tu plus maintenant ?
« Logiquement, je m’amusais plus en étant sur le terrain avec eux, cependant maintenant j’amuse de toute façon beaucoup. Chaque fois que je vois un match de Barcelone je me sens privilégié d’avoir passé tant d’années avec eux et d’avoir été important à de nombreux instants dans cette équipe ».

La porte de Barcelone continue à être ouverte pour toi. Est-il possible de penser à ton retour ?
« J’ai été très heureux à Barcelone, j’ai été très bien et je sais que je serais toujours très heureux, cependant le présent m’a apporté ici, dans un bon club. Mon objectif maintenant est de revenir à m’amuser avec le football, d’être heureux. Cela dépend de moi, de mes prestations qui puissent me ramener à Barcelone ou que je puisse rester ici. Dans la vie on ne sait jamais ce qui peut se passer ».

Cependant, dans son cas, il existe un contrat pour lequel Barcelone doit te racheter.
« Je peux revenir et être vendu à n’importe quel équipe. Si je joue mal je reviendrais, cependant ils me céderont de nouveau ».

Même la Rome a une option pour te retenir.
« Pour ceci je dis que dans la vie toutes les choses arrivent parce qu’elles doivent arriver. De nombreuses choses peuvent se passer d’ici les 48 prochains mois pour savoir de quoi mon futur sera fait ».