Site AS ROMA

Benatia, Tour de Babel de la défense giallorossa

C’est au tour de Mehdi Benatia de passer au crible du site Cesololaroma. Le grand défenseur marocain est devenu le transfert le plus cher de l’histoire de son pays, et arrive avec la lourde tâcher de combler le départ du jeune Marquinhos au PSG. Après des galères en France, puis la gloire à l’Udinese, le néo-n°17 veut s’imposer dans un grand club.

La région parisienne, l’INF Clairefontaine et l’EAG

Né dans la région parisienne, et plus précisément à Courcouronnes dans le 91, Mehdi Benatia El Mouttaqi est le fruit de l’union d’un père marocain et d’une mère algérienne. Malgré ce mélange culturelle, il se dira toujours lié du côté de sa famille paternelle, qu’il voit tous les ans au pays, contrairement à l’Algérie dont il découvrira le pays pour la première fois lors d’un match international entre les deux sélections. Il fait ses premiers pas avec le ballon rond tout près de chez lui, à Evry. Il sera très vite repéré et rejoint le CS Bretigny Club, réputé pour avoir sorti bon nombre de joueurs professionnels. Après cela, il « s’exile » vers le nord de la banlieue parisienne, et notamment du côté de l’US Creteil. Celui dont les modèles sont Nesta et Maldini, s’attire les yeux des observateurs de la célèbre INF Clairefontaine. Après deux saisons passée au « château », de 13 ans à 15 ans, qui est régulièrement côtoyé par l’Equipe de France, il décide alors de rejoindre le centre de formation de l’En Avant de Guingamp. Là encore il n’y restera pas longtemps, tant les convoitises vont se multiplier.

Ferguson et Mourinho le veulent, mais lui choisit l’OM

Alors qu’il réalise deux essais concluant du côté de Manchester United et Chelsea, où il fût conseillé à Mourinho par un certain Didier Drogba, il décide de rester fidèle à l’hexagone et fil du côté de l’Olympique de Marseille. Il y termine sa formation, et évolue en CFA lors de la saison 2005-2006. Rien y fera, malgré de bonnes prestations le staff technique ne lui accord pas de confiance, et il se voit dans l’obligation d’aller voir ailleurs. Il est alors prêté au FC Tours, où il réalise une saison complète avec 30 présences (et 1 but) en Ligue 2. La saison suivante il rejoint le FC Lorient, mais une grave blessure lui fera faire une « saison blanche », avec une seule rencontre à son compteur. L’homme qui l’a recruté, José Anigo, ne lui accorde pas sa confiance, malgré qu’il brida durant une saison et demi le banc de l’entraineur. Benatia garde à ce jour encore des séquelles de ce passage et en veut toujours autant au Directeur Sportif dont il estime que ce dernier lui a manqué de respect à plusieurs reprises, mais aussi à sa famille.

L’envol et l’éclosion à Clermont Foot en Ligue 2 .

Alors que l’OM refuse de le faire jouer, mais également de le vendre vers un autre club de l’élite, Benatia se voit obligé de rejoindre la Ligue 2, pour tenter d’imposer ses qualités et son potentiel. C’est donc à Clermont Foot qu’il rebondit. Il ne se fera pas prier pour très rapidement s’imposer comme un cadre de son équipe. Cette première saison sera riche en émotions (tragiques), puisque l’international marocain verra l’un de ses coéquipiers perdre la vie d’un arrêt cardiaque. Au final il disputa 27 matchs de championnat et 2 matchs de Coupe. Collectivement, son équipe termine la saison à la 12ème place. La saison suivante sera bien meilleure, autant individuellement que collectivement. Il continue sur sa lancée et dispute 30 matchs de championnat ainsi que 3 en Coupe. Mieux encore, son équipe termine à la 4ème place, au pied d’une historique montée vers l’élite, malheureusement en vain. Il aura notamment beaucoup appris au côté d’entraineurs tel que Didier Ollé-Nicole et Michel Der Sakarian.

En route vers la Serie A et la découverte de l’Europe

Dénicheur de talents dans le monde entier, mais également chez leur voisin français, l’Udinese leur repère et l’attire dans ses filets. Benatia rejoint le Nord de l’Italie lors de l’inter-saison 2010. Alors qu’il était en fin de contrat, il est recruté « gratuitement » et signe un contrat de 5 ans avec l’équipe du Mister Guidolin. Et dès ces premières prestations, le grand défenseur convainc son coach d’en faire l’un de ses titulaires, à tel point qu’il disputera 34 matchs de Serie A, avec 3 buts grâce à son jeu de tête. Malgré qu’il fût formé dans une défense à 4, il s’adapte très bien à la classique défense à 3 à l’italienne. La saison suivante lui permettra alors de découvrir les joutes européennes, et notamment un tour préliminaire de Champions League (perdu contre Arsenal de justesse, ainsi que 9 rencontres d’Europa League (avec un but à la clé). Après avoir terminé 4ème du Calcio, lui et son équipe feront encore mieux l’année suivante avec une exceptionnelle 3ème place. Lors de cette seconde saison dans la grande Botte, il joue également 27 matchs en championnat. Là encore les bianconeri vont s’incliner lors du tour préliminaire de Champions (face à Braga) et se feront sortir lors de la phase de poule d’Europa League (par Liverpool et l’Anzhi). Une saison un peu plus compliqué pour Mehdi qui, à cause de certaines blessures, ne jouera « que » 19 matchs de championnat. En tout et pour toi, Benatia aura joué 98 rencontres et aura scoré à 7 reprises.

Il refuse de grands clubs jouant la Champions League, pour l’AS Roma

Alors qu’il donne sa « parole » à la Louve dès le début du mois de juin, les négociations vont finalement traîner en longueur entre les deux clubs. En effet Benatia déclare qu’il a refusé plusieurs clubs disputant la Champions League, pour rejoindre la Capitale italienne. Alors que certains ont quelques doutes sur son physique, suite à ses blessures de la saison passée, il commencera le début de la préparation à faire quelques séances spécifiques pour retrouver la forme. Son transfert sera officialisé lors du ritiro à Riscone, et il fera ses premiers pas lors du second match amical. Dès lors, il aura la lourde tâche de passer après la « pépite » Marcos. Malgré les promesses du croate Tin Jedvaj, le marocain sera très rapidement associé de façon régulière au brésilien Leandro Castan. Jugé par beaucoup comme « non-complémentaire » du fait qu’ils aient un profil assez similaire, les deux hommes vont petit à petit faire taire leurs détracteurs en montrant une expérience à tout épreuve et une certaine régularité dans leurs performances. Ajouté à cela Morgan De Sanctis derrière, et Daniele De Rossi devant, le secteur défensif romanista devient une forteresse hermétique.

Et la sélection nationale dans tout ça ?

Comme beaucoup de jeunes français d’origine étrangère, il fait ses premiers pas internationaux dans les équipes U17 et U18 en France. Après cela, il décide d’opter pour le Maroc, nationalité de son père. Après quelques sélections chez les jeunes, ils débutent avec les Lions de l’Atlas le 19 novembre 2008 face à la Zambie (victoire 3-0) à Casablanca. Il inscrira son premier but, et unique jusque là, lors d’un match riche en émotion face à l’Algérie, pays de sa mère. Aujourd’hui il a disputé 31 sélections, et est considéré comme l’un des tous meilleurs (si ce n’est le meilleur) par ses compatriotes, à tel point qu’il a récupéré le brassard de Capitaine dernièrement. Oui mais voila, il lui manque la reconnaissance mondiale, avec une Coupe du Monde 2014 qu’il devra de nouveau regarder à la TV.