Benatia et Castan ont mis tout le monde d’accord

Longtemps critiqués et caractérisés comme « non-complémentaire », Mehdi Benatia et Leandro Castan ont mis tout le monde d’accord en l’espace de 4 mois, et s’impose aujourd’hui comme l’une des toutes meilleures charnières centrale en Europe. Le site CSR retrace le parcours semé d’embuches de ces deux hommes depuis cet été.

Retour sur la paire Marcos-Castan de la saison passée

Alors que l’AS Roma sort d’une saison calamiteuse avec notamment 56 buts encaissés, les individualités Marquinhos et Leandro Castan ont cependant brillé. En effet, si l’on se réfère aux notes de la saison passée, Marcos est le second joué le mieux noté (si l’on prend les joueurs ayant joué plus de 12 matchs) avec 6,16, tandis que le n°5 brésilien termine le podium avec une moyenne de 6,1. Il ne semble donc pas que ce soit à ce duo qu’il faille imputer les principales responsabilités de la défense-passoire version Zdenek Zeman/Aurelio Andreazzoli.

L’arrivée de l’expérimenté Benatia et le départ du jeune Marcos

Dès le début de l’été, l’arrivée de Mehdi Benatia est très rapidement annoncé. Dès lors certains émettent des doutes à son égard : Le joueur sort d’une saison avec plusieurs blessures où il ne joue au final que 19 rencontres et sa condition physique pose donc question. Mais aussi le prix du franco-marocain, qui signe pour un montant de 10 millions d’euros (ainsi que les copropriétés de Nico Lopez et Valerio Verre). Malgré cela, les tifosi se mettent à rêver d’une doublette composé du jeune Marcos (19 ans) et de l’expérimenté Benatia (26 ans et 4ème saison en Serie A). Oui mais voila, le PSG jette son dévolu sur l’ex-Corinthians, et raflera la mise pour une somme totale de 30 millions d’euros.

Rumeurs et critiques envers la nouvelle charnière centrale

Dès lors la charnière se dirige donc vers la paire Benatia-Castan. Mais cela va encore faire débat. Pas une seule journée ne passe sans qu’une rumeur de départ du brésilien ne sort dans la presse. A tel point que ce dernier remettra les points sur les i à plusieurs reprises en affirmant via son compte Twitter que son futur était bien aux couleurs giallorossi. Mais cela ne s’arrêtera pas là. Les rumeurs vont bon train au sujet d’une nouvelle recrue à ce poste, tandis que les journalistes répètent à plusieurs reprises que ces deux hommes ne sont pas complémentaires. Jugés trop lent, trop lourd, peu croit alors en leur association.

10 victoires et 1 but encaissé plus tard… les deux hommes mettent tout le monde d’accord

Mais ces doutes vont cependant très rapidement se dissiper au fil des rencontres. En effet les giallorossi n’encaisseront qu’un seul but lors de leur série de 10 victoires consécutives. Castan et Benatia remportent quasiment tous les duels aériens, tout en étant également maitre dans l’art de l’anticipation. Le fait que le collectif et la tactique de l’équipe tiennent la route leur permet également de ne pas avoir à se disperser et donc à se consacrer entièrement à leurs tâches. Mehdi est par exemple le 6ème joueur de la Serie A au classement des ballons récupérés, avec un nombre de 317 en 16 rencontres. Leandro n’est cependant pas très loin, à la 24ème place, avec 259 ballons récupérés également en 16 rencontres. On peut cependant émettre une critique envers eux, ou tout du moins un axe de progrès. Après 10 rencontres, le marocain et le brésilien ont déjà subit 4 cartons jaunes et se voient donc à tour de rôle suspendu. Quand on pense que Castan en avait subit « que » 6 sur l’ensemble de la saison passée.

La machine s’enraye légèrement, mais la marge de progression est importante

Hasard ou pas, c’est lors du premier match où l’un est suspendu que la série de victoires va s’arrêter là. Remplacé par Burdisso face au Torino et Sassuolo, la Louve concède à chaque fois le score de 1-1, après avoir pourtant mené 1-0. Si l’argentin n’est pas à imputer des points perdus, il semble bien que le fait de ne pas avoir cette charnière fétiche ait pu jouer un rôle sur l’aspect psychologique de l’équipe. Si après 17 rencontres, l’AS Roma va subir en tout 7 buts (seulement 4 quand les deux défenseurs ont été aligné ensemble), la solidité défensive est bien présente, avec le meilleur chiffre en Italie mais également en Europe. Mais cela n’est pas à mettre pour le compte que de Benatia et Castan. En effet on ne peut pas enlever le charisme et les parades (peu nombreuses, mais toujours décisives) de De Sanctis, ni le retour à son meilleur niveau de De Rossi dans un poste de sentinelle du milieu, et encore moins Strootman qui assure un certain équilibre à l’équipe, ainsi qu’une meilleure couverture défensive des latéraux.

Et dans le futur ?

Mais leurs automatismes devraient progresser lors de cette seconde partie de saison, notamment grâce à une complicité qui semble naitre entre les deux hors du terrain, comme en témoigne leurs compliments via leur compte Twitter. Alors que l’on pense souvent à des paires défensives telles que Aldair-Zago, Aldair-Samuel, Mexes-Chivu ou encore Mexes-Juan, cette paire version 2013/2014 pourrait bien entrer dans la mémoire des tifosi romanisti. Si le marocain ne disputera pas le Mondial pour cause de non-qualification de sa sélection, le brésilien pourrait bien lui obtenir son billet en cas de seconde partie de saison du même acabit. Ironie du sort, ce billet pourrait bien se jouer entre lui et son ex-coéquipier Marcos. Derrière eux, les jeunes Romagnoli et Jedvaj devront prendre leur mal en patience en attendant leur chance. Une chance qui pourrait arriver le jeudi 9 janvier, face à la Sampdoria en Coupe d’Italie (1/8ème de finale).