Balzaretti, la recrue la plus attendue

Considéré par beaucoup comme la meilleure recrue du mercato (niveau rapport qualité/prix), Federico Balzaretti peine en ce début de saison à confirmer tout le talent qu’il a su montrer à l’Euro 2012 ou à Palerme. Face au Torino, son club formateur, le moment est idéal pour faire taire les critiques.

La formation et ses premières expériences difficiles

Federico est né le 6 décembre 1981 dans la ville de Turin. C’est donc en toute logique qu’à 6 ans il rejoint le centre de formation du Torino.  Il y fera sa formation au poste d’arrière droit jusqu’en 1999, c’est-à-dire à ses 18 ans. Ne trouvant pas sa place dans l’équipe grenat, il se voit alors prêté 3 saisons de suite, jusqu’à ses 21 ans : deux saisons à Varese et une à Sienne. Ces deux première auront lieu en troisième division, maintenant surnommé Lega Pro. Si sa première saison sera moyenne en terme de présence (16 matchs), c’est lors de la seconde qu’il s’épanouira au mieux avec 27 rencontres. Cela lui permet alors de découvrir la Série B, mais avec peu de matchs à ce mettre sous la dent avec le club toscan (16).

Les débuts en Série A, chez son club de coeur

C’est alors que le Torino décide de lui faire confiance, et lance « Balzac » (tel est le surnom que les tifosi lui ont donné), dans le grand bain de la Série A, avec son premier match face à l’Inter (le 14 septembre 2002, à 21 ans). Une première expérience peu satisfaisante, puisqu’il ne jouera que 13 matchs, mais verra surtout son club natal relégué en seconde division. Cela sera finalement un mal pour un bien, puisque le blondinet bride une place de titulaire au poste d’arrière droit, et réussi deux véritables saisons pleines avec le Toro, où il joue 39 matchs, puis 49 matchs la saison suivante, avec notamment ses deux premiers buts dans le monde professionnel. Au terme de cette saison, le Torino termine 2ème de Série B et est donc sur le point de retrouver l’élite. Cependant, les mauvaises finances du club l’oblige à rester à l’échelon inférieur et à rompre le contrat de ses joueurs.

Du Toro à la Juve, ou un acte de traitre

C’est comme cela que le voisin et rival de la Juventus récupère le latéral italien (ce qui lui vaudra le droit d’être considéré comme un traité par l’ennemi, et il se voit sifflé à chaque fois qu’il rencontre le Toro), alors âgé de 24 ans, gratuitement. S’il ne réalisera pas une saison complète (barré par l’international Zambrotta), cela lui permettra de découvrir le véritable haut niveau : tout de même 20 présences en Série A, 4 de Coppa Italia, mais surtout 4 présences de Champions League. Au terme de la saison la Juve est relégué en Série B à cause du calciopoli (pendant que le Toro remonte lui en Série A). Le club bianconero conserve son latéral pour remonter en une saison. Il s’impose alors comme un titulaire du dispositif de Didier Deschamps (avec Zambrotta parti au Barca), et fait parti des grands artisans de la remontée en Série A. Il y inscrira notamment son 3ème et 4ème but de sa carrière.

La Fiorentina : le Flop de sa carrière

Lors de sa remontée en Série A, la Juve décide de ne pas le conserver (ne rentrant pas dans les plans de Ranieri), et le transfère à la Fiorentina pour 3.8 millions d’euros. Mais cette expérience tournera au fiasco complet. En effet Balza’ ne trouve pas sa place dans l’équipe viola, et ne joue que 6 rencontres de Série A, et 3 de Coupe UEFA. Pour l’anecdote, l’entraineur toscan se nomme… Cesare Prandelli (actuel sélectionneur italien qui fait jouer Balzaretti titulaire au poste d’arrière gauche, comme quoi y a que les cons qui ne changent pas d’avis), préférant à sa place Gobbi ou Pasqual. Dès janvier il décide alors de plier bagages pour trouver une nouvelle aventure.

Palerme, la Sicile et ses plus belles années

C’est alors Palerme qui le récupère, pour le montant exact où il fût acheté par la Fio : 3.8 millions d’euros. Il va alors porter le numéro 42, en référence à l’année de naissance de son père. C’est ici qu’il s’épanouira au maximum, se voyant notamment repositionner à un poste d’arrière gauche. Il connaitra lors de ses 4 ans et demi, un nombre à la pelle d’entraineurs, quand on connait le tempérament de son président Zamparini. Dès son arrivée il s’impose en titulaire, et dispute 16 matchs lors de la phase retour de la saison 2007/2008. Il va par la suite enchainer 4 saisons en tant que titulaire indiscutables, disputant en moyenne 30 matchs chaque saison. Il est considéré par son président comme le meilleur joueur du club, et est un véritable idole des tifosi (avec Miccoli). Ils seront même au nombre de 100 à venir assister à son mariage. Son apport sur le plan défensif et offensif en font même l’un des meilleurs latéraux gauche du championnat. Il y inscrira notamment ses 3 et uniques buts en Série A et disputera 9 matchs d’Europa League. Sa dernière saison en Sicile, 2011/2012, sera cependant un peu plus difficile, avec notamment une blessure qui l’éloignera un peu des terrains, et le fera perdre sa régularité. Suite au transfert manqué du PSG l’été précédent, il refuse de prolonger son contrat arrivant à terme en juin 2013. De ce fait Zamparini accepte son départ.

L’AS Roma, et le dernier grand saut ?

Alors que tout semble fait avec Naples, Balzaretti choisi finalement de rejoindre l’AS Roma, contre la somme, très important pour un joueur de 30 ans et à qui il reste un an de contrat, de 4.5 millions d’euros + 500 milles euros de bonus. Balzaretti débarque dans la capitale début août, lui faisant manquer la tournée américaine avec le groupe giallorosso. Il attend donc leur retour, se préparant en solo à Trigoria. Il est très attendu par les tifosi, qui le considèrent comme la tête de gondole de ce mercato, et surtout après son très bon Euro. S’il démarre fort lors des matchs amicaux et premiers matchs de championnat, il cale très vite et déçoit par des prestations globalement moyenne. En effet le néo-latéral gauche n’apporte pas ce qu’il est en capacité de faire. Deux blessures à la cuisse, et des retours très rapide à la compétition, explique peut-être un peu ces prestations en dents de scie.

La sélection italienne sur le tard

Cela lui vaut quand même le droit de conserver sa place de titulaire en Squadra Azzurra. Une sélection qu’il rejoint sur le tard, avec l’Italie U20. L’entraineur de l’époque n’était autre que Francesco Rocca, mythique joueur giallorosso qui a fait toute sa carrière de joueur à l’AS Roma, et élu dans le Hall of Fame au poste d’arrière gauche. Il y disputera un peu moins de 30 matchs. Il ne portera pas le moindre maillot italien entre 2002 et 2010. Et ironie du sort… c’est donc Cesare Prandelli qui le convoque, quelques mois après le fiasco du mondial 2010 d’Afrique du Sud, alors que c’est ce même entraineur qui ne lui a pas laissé sa chance à la Fiorentina. Lors de ces deux dernières années, il s’impose petit à petit comme un titulaire de la Squadra azzurra, réalisant notamment un Euro 2012 de grande qualité, et se révélant véritablement, à 30 ans, aux yeux de l’Europe. Aujourd’hui son objectif est clair : conserver sa place pour le Mondial 2014 au Brésil, malgré la concurrence de la jeune génération.

Du haut de ses 30 ans donc, Balzaretti vit probablement sa dernière expérience au haut niveau, et autant l’AS Roma que l’Italie espère voir le latéral international sous de beaux jours pour encore quelques saisons…