Site AS ROMA

AS Roma-FC Barcelone, des raisons d’y croire ?

Camp Nou, 1er mai 2013 : David Villa à terre lors de la défaite du Barça face au Bayern (0-3).

L’échéance est toute proche, plus que quelques heures et nous y serons. La première manche d’une double confrontation tant attendue entre une AS Roma en plein renouveau et l’ogre catalan qui n’en finit plus de tutoyer les sommets. Voilà bientôt dix ans que le FC Barcelona, que ce soit sur le plan national ou que ce soit sur la scène européenne, affiche un tableau de chasse insolent : sept titres nationaux, trois Coupes d’Espagne, quatre Champions League, trois Super Coupes d’Europe et un Mondial des clubs. On arrête ici l’orgie de trophées.
Doit-on pour autant craindre le pire ? Et bien non. Un Barça en difficulté, un Barça qui perd, cela existe et cela s’est déjà vu.
Revue d’effectif des exemples les plus marquants, dans des styles différents.

José Mourinho ou l’entreprise de démolition

Comment ne pas débuter en premier lieu par l’exemple de l’entraîneur portugais. L’apôtre de l’efficacité a réussi ce challenge avec l’Inter Milan. Un match qui ressembla à une guerre de tranchée mais qui permit à la bande à Mourinho d’empocher la mise. La démolition comme stratégie de jeu. En 2010, les interistes réussissent là où le Chelsea de Guus Hiddink échoua de peu un an auparavant.
Une entreprise de démolition donc, qui s’évertue à couper les lignes de passe, à harceler le porteur du ballon, poussant au défi physique, à la limite de la correction, un FC Barcelona loin d’être souverain dans ce domaine.
Le match retour à San Siro sera un combat. Après l’expulsion de Thiago Motta, Mourinho placera une ligne Maginot de 5 joueurs en défense. La ligne des 4 milieux placée devant se chargera d’offrir un premier rideau défensif mais également de mettre sous pression Iniesta et Xavi. On prend en individuel les maîtres à jouer de l’équipe, les empêchant ainsi de jouer dans la verticalité, les obligeant à effectuer des passes horizontales. La suite sera une succession de centres mais l’arrière garde interiste repoussera le danger à chaque fois grâce à sa supériorité dans les airs. Zlatan Ibrahimovic, entrée en cours de jeu, ne parviendra pas davantage à scorer. Pas plus que Bojan Krkic.
Un procédé peu esthétique mais diablement efficace.
On pourrait également évoquer cette victoire en 2011 du Real Madrid de Mourinho en finale de Copa del Rey, où Pepe évolue en sentinelle devant la défense. Le principe ici est de renforcer le nombre de joueurs dans le domaine défensif pour éviter l’infériorité numérique face aux montées de Piqué.

Le 4-4-2 d’Emery

Le Valencia CF d’Unai Emery évoluait dans un autre registre. Le tacticien privilégiait l’aspect purement tactique quand Mourinho y ajoutait une dimension physique. L’entraîneur basque utilisait très souvent un 4-2-3-1 se muant en 4-4-2, dans le but de bloquer l’axe créatif du Barça et en contrôlant les couloirs. La finalité de cette manoeuvre était d’obligé les défenseurs centraux catalans à jouer avec leur latéraux en première intention. Et de les museler à leur tour pour ne pas leur laisser l’occasion de retrouver les milieux de terrain dans le jeu de passe. Il s’agissait également de les empêcher de jouer dans la profondeur, en direction des attaquants de couloir.
Une tactique qu’Unai Emery utilise aussi avec Sevilla. Une tactique assez similaire employée également par Mourinho lors d’un Clasico remporté en 2013.

Mourinho + Emery = Diego Simeone

Comme son homologue hispanique, Diego Simeone, l’actuel coach de l’Atlético Madrid, évolue en 4-4-2. Un 4-4-2 qui recherche avant tout à maîtriser les espaces entre la défense et son milieu de terrain, former un bloc équipe très dense, très compact. Quitte à ne pas évoluer dans toute la largeur du terrain pour ne pas laisser d’intervalle entre les joueurs en mode défensif. Ce positionnement très serré permet d’exercer un très fort pressing et gêne le développement du jeu . Et comme avec José Mourinho, un défi physique est imposé au joueurs adverses.
Dès la récupération de balle, l’équipe peut se déployer très rapidement, en raison de la proximité des joueurs les uns par rapport aux autres. Un pressing compact profite donc à la construction. Une équipe loin d’être en reste lorsqu’il s’agit de mettre en place son jeu grâce à l’apport de footballeurs technique.
Un jeu marqué du sceau du courage et du devoir. A l’image du club et de son entraîneur argentin.

Bielsa empreinte les couloirs

L’ex-entraîneur chilien de l’Athletic Bilbao a eu, à de nombreuses reprises, l’occasion de se mesurer au FC Barcelone. Son approche tactique est différente des autres entraîneurs évoqués jusqu’à alors. L’une d’entres elles consistait à abandonner l’idée de presser haut et de prendre des risques offensifs. Un comble quand on y pense, tellement la réputation de celui que l’on surnomme El Loco est de prôner un jeu résolument porter vers l’avant. Un schéma qui s’articule en un 4-3-3, avec un quadrillage des trente mètres dans son propre camp. La tactique de Bielsa réside, dès la possession de balle, à basculer en 3-4-3. Une défense à 3 en triangle est formée (les deux centraux plus le milieu de terrain posté en sentinelle), charger d’attirer les attaquants adverses afin de permettre les latéraux d’évoluer dans des zones dites libres, sans marquage. Une fois que l’un de ces latéraux est démarqué, le ballon lui est transmis et c’est ensuite toute l’équipe qui penche du côté fort pour créer une situation de surnombre sur le flanc. Le milieu de terrain le plus proche de l’action propose une solution de passe tandis que l’attaquant de couloir décroche pour se rapprocher de son latéral. L’attaquant de pointe, quant à lui, quitte l’axe au profit du couloir pour proposer une solution dans la profondeur. De cette manière, on crée des situations d’un contre deux, de deux contre trois. On favorise les dédoublements, le jeu en triangle ou en losange.
Une stratégie fidèle à l’esprit de Marcelo Bielsa pour qui, jouer dans toute la largeur du terrain, est essentiel.

Le total fussball de Jupp Heynckes

Et enfin, ce qui consitue peut être la référence en la matière : le Bayern Munich de Jupp Heynckes de 2013.
Un cinglant 7-0 sur l’ensemble des deux rencontres infligée au Barça. Un Barça pris à son propre jeu. Celui du pressing, de la rapidité. Une équipe asphyxiée lors de la première manche, par le choix d’Heynckes de non pas exercer un pressing haut sur la défense Blaugrana mais de créer une situation de surnombre au milieu de terrain avec l’apport des attaquants afin d’isoler les créateurs barcelonais. Une ligne de récupération moyenne permettant aux attaquants de profiter de leur vitesse de course pour transpercer ensuite la défense.
Au retour, les munichois changeront de stratégie et décideront de presser la première relance en mettant en place un 4-2-4 tout terrain, provoquant du dêchet technique et des pertes de balle dans le camp adverse. Le Bayern construira ses victoires sur deux plans : un pressing intense avec une ligne de récupération variable (haute, moyenne), les zones choisis (milieu, défense), et grâce à la rapidité des transitions défense/attaque.
Un Barça battu, en partie, par ce qui a fait sa force durant de nombreuses années.

Les solutions pour entraver les plans du Barcelone existent. Allant de « déconstruire » jusqu’à piéger le club catalan sur ce qui fait sa force.
A l’image de Valverde en Super Coupe d’Espagne qui a employé cette dernière afin de presser haut, de presser et cibler les meilleurs relanceurs en défense. Bien que dans le cas de cet Athletic là, les coéquipiers d’Aduriz ont profité du match marathon du Barça face à Sevilla. Des barcelonais pas dans les meilleurs dispositions.
Inter Milan, Real Madrid, Valencia, Atlético Madrid, Bilbao, Sevilla….il ne reste plus à espérer pour l’AS Roma, qu’elle parvienne à se glisser parmi cette liste de clubs succeptible de poser des problèmes aux Barça. Et pourquoi pas, créer l’exploit que tout tifoso Romanista rêve.

Eric S. (Il Capitano)