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Andreazzoli, Retour à un entraineur « normal »

Après une semaine vécu dans un climat délétère, Zdenek Zeman n’a finalement pas résisté à la tornade suite à l’humiliante défaite (4-2) face à Cagliari. C’est donc dès le lendemain de ce match à l’Olimpico que le mister boemo fût « remercié » et remplacé (temporairement) par l’ex-adjoint de Spaletti, Aurelio Andreazzoli.

Pourquoi le Zemanlandia ne fonctionna pas ?

Nous ne ferons pas une thèse dans cet article sur le retour manqué de Zeman (ce qui sera peut-être fait plus tard), mais il peut être utile de tirer un petit bilan. En terme de points, le constat est clair et cinglant : 34 points en 23 journées (avec les 3 points sur tapis vert face à Cagliari à l’aller), ce qui en fait moins que les points pris par Luis Enrique à la même époque. L’autre gros point parlant en sa défaveur est clairement l’animation défensive. Et pourtant à la suite du derby, cela semblait allait mieux, avec peu d’occasions concédées et beaucoup moins de buts pris. Mais voila, le mois de janvier a vu les vieux démons ressortir de la boite, et les 3 défaites et 2 matchs nuls en 5 matchs de Série A version 2013 semblait quasiment insurmontable sur le plan mental (malgré les 2 exploits en Coupe d’Italie). Un constat amer et difficile quand on se souvient de certains matchs d’une qualité fort intéressante : Inter 1-3 Roma, Genoa 2-4 Roma, Fiorentina 4-2 ou encore Roma 4-2 Milan. Beaucoup de matchs se sont également joué à un rien, et des petits rien mis bout à bout qui ont fait perdre énormément de points à la Louve : les fameux 3-2 face à Bologne et l’Udinese (après avoir mené 2-0) le 1-1 contre la Samp (avec la bourde de Stekelenburg), ou encore le derby face à la Lazio (bourde de Goicoechea et Piris). On pourra rajouter le pataugeoire sur le terrain de Parme (défaite 3-2) et le brouille de Verone (défaite 1-0). Mais voila, le constat est là, et remonter cette pente aussi raide semblait impossible, au vue de l’état mental actuel du groupe giallorosso… et malheureusement dans ces moments le premier fusible à sauter est le mister, malgré qu’il ne soit loin d’être le seul fautif. Le rêve made in Zeman n’aura donc fonctionné que 6 mois…Baldini dans le même temps à déclaré prendre ses responsabilité, et a promis des changements dans la gestion technique. On retiendra de toute façon quoi qu’il arrive sa capacité à faire éclore des jeunes, avec en premier lieu des Marcos, Florenzi ou Lamela, mais aussi en second lieu les Romagnoli, Lopez ou Destro. Le nouvel entraineur pourra également s’appuyer sur son travail, notamment en terme de mouvements des joueurs avec et sans ballon.

Andreazzoli, qui est-il ?

Dans l’attente d’une solution avec un entraineur de renom (qui arrivera soit dans quelques jours/semaines, soit au moins de juin), la gestion sportive de l’équipe a été confié à Aurelio Andreazzoli. Beaucoup d’entre-vous se sont sûrement posé la question « mais qui es-ce ? ». Aurelio, de son prénom, est né en 1953 à Massa, petit village toscan. C’est dans le milieu des années 90 qu’il rencontre un certain Luciano Spalletti, au centre de Coverciano où les deux hommes passent leur diplôme d’entraineur. Dès lors ils ne se quitteront plus pendant un moment. Andreazzoli sera alors son bras droit et adjoint lors de son passage à l’Udinese (où ils qualifièrent le club pour la Champions League) et le suivra pour son aventure romanista à partir de l’été 2005. Il est donc, avec le divin chauve, l’investigateur du fameux 4-2-3-1 qui émoustilla l’Europe entière de son football champagne, mais également équilibré. Quand Luciano démissionne en août 2009, lui décide de rester au club. Après avoir travailler dans le staff de Ranieri, la societa donne les rennes de l’équipe à Vincenzo Montella (en février 2011). L’aeroplanino demande comme condition d’avoir à ses côtés son « mentor » Andreazzoli comme adjoint n°1, qui lui inculqua de nombreuses bases tactique. Malgré son départ l’été suivant, Andreazzoli reste lui du côté de Trigoria, où il aura un rôle au sein du staff, autant lors de la gestion Luis Enrique que cette saison avec Zeman. Il est donc au contact des joueurs depuis presque deux saisons, les voit au quotidien et les connait à la perfection. Il vit notamment quotidiennement, depuis quasiment 10 ans, avec des joueurs comme Totti, De Rossi, Perrotta ou Taddei. Une anecdote circule depuis plusieurs années justement entre Taddei et Andreazzoli. Vous vous souvenez forcément de ce geste technique magique réalisé par le milieu brésilien dans la surface de l’Olympiakos un soir de Champions League. Ce geste fût « appris » au numéro 11 giallorosso par Andreazzoli à l’entrainement, qui l’incita à le reproduire en match. Ce geste fût alors nommé « Aurelio » comme le prénom du bras droit de Spalleti. Il aura également comme rôle de continuer la progression et l’éclosion des jeunes talents comme Romagnoli, Marcos, Florenzi, Lamela ou encore Destro. Malgré tout ses points semblant être positif, on ne peut pas ne pas citer son manque cruellement d’expérience, pour un homme qui a presque constamment travaillé dans l’ombre de l’entraineur, et dont le manque d’expérience pourrait peser dans la balance.

A quoi s’attendre lors des prochains matchs ?

La principale modification sera donc tactique. Fini le 4-3-3 à vocation ultra-offensive, où le mot « équilibre » fût banni du vocabulaire pendant 1 an et demi, et retour à une phase défensive plus solide. Le système de base d’Andreazzoli est donc le même que l’ère Spalletti, à savoir le 4-2-3-1. En terme d’individualités, la défense ne devrait donc pas beaucoup bouger, même si l’animation sera grandement différente. On pense notamment aux latéraux, à qui il sera demandé un travail plus important de couverture défensive, et un peu moins de montées offensives, où du moins de façon alternative. Mais c’est surtout devant cette défense que les changements seront nombreux. A commencer au milieu, où l’on reviendra à une ligne de deux milieux récupérateurs, avec De Rossi comme pilier, comme à l’époque Spalletti. Son binôme devrait être associé à Bradley (habitué à ce rôle avec la sélection des USA), même si Florenzi, Pjanic ou Tachtsidis peuvent postuler à ce poste (voir Perrotta). L’autre nouveauté vient donc de la ligne de « trequartisti », qui sera composée de trois hommes en soutien de l’unique pointe. Là aussi les solutions seront nombreuses. En n°10, les clés du jeu devraient être donné soit à Totti, soit à Pjanic (voir à Florenzi, dans un rôle similaire au Perrotta de l’époque). Sur les côté, on retrouvera à coup sur Lamela, dans un rôle proche du Mancini de l’époque. Tandis que l’autre côté pourrait se disputer entre Pjanic ou Florenzi, pour apporter un certain équilibre. Il n’est forcément pas à exclure l’utilisation des brésiliens Marquinho ou Dodo (dans un rôle un peu plus défensif) ou pourquoi pas Destro ou Osvaldo, dans des situations d’obligations d’attaquer. Devant, le rôle de pointe se disputera entre trois hommes : Totti, Osvaldo ou Destro. Bref, vous l’aurez compris, énormément de modules et formulaires sont possibles, et cela dépendra notamment beaucoup de la position de deux hommes : les techniciens Pjanic et Totti, dont le reste de l’équipe devrait s’articuler autour de ces deux joueurs. Sa première FORTE décision concernera également le rôle du gardien de but, où il devra probablement trancher entre Stekelenburg et Lobont, à savoir s’il laissera une seconde chance au gardien hollandais, après ses sorties médiatiques des derniers jours.

Les premières réponses arriveront donc dès dimanche prochain, sur la pelouse de la Sampdoria, où une réaction est vivement attendu. Il sera intéressant également de suivre cette première semaine d’entrainements « made in Andreazzoli ». La question sera également de savoir si l’actuel entraineur giallorosso gardera son poste jusqu’au mois de juin ou pas.