Andreazzoli, des débuts prometteurs et intriguants

Cela ne fait que deux victoires consécutives, mais on sent déjà le vent de l’enthousiasme faire son retour sur la capitale italienne, rivage giallorossa. Et l’homme de ce début de renaissance porte un nom : Aurelio Andreazzoli, nouveau coach de la Louve.

Arrivé 48h après la débâcle contre Cagliari à l’Olimpico, l’ex-bras droit de Luciano Spalletti relève la lourde tâche de remettre son équipe sur de bons rails, qui ne compte pas la moindre victoire en Série A depuis la fin 2012. C’est alors des méthodes de gestion et humaines radicalement opposées à son prédécesseur Zdenek Zeman auxquelles on assiste. Et d’abord en terme d’entrainements. Andreazzoli met fin au double séance, et instaure la séance matinale, d’environ 2h. Cela permettant aux joueurs de venir et partir sans les bouchons du trafic routier, de déjeuner le midi ensembles à Trigoria, et de profiter de leur après-midi en famille. C’est ensuite la séance en est-elle même qui est entièrement modifié. Retour du ballon de façon très fréquente : des entrainements avec ballons, mini-tournoi sur terrain et cages réduites. La partie athlétique reste importante, mais est plus basé sur l’aérobic ou la force, avec moins d’endurance que sous le mister boemo. En terme de proximité avec les joueurs, Andreazzoli semble plus proche. Les colloques sont fréquents, et le mister n’hésite pas à parler de façon individuelle à certains joueurs pendant plusieurs longues minutes. Il n’hésite pas non plus à défendre ses joueurs et son groupe lors des conférences de presse, quitte à se montrer parfois maladroit pour protéger son équipe. Bref, la vie de Trigoria s’est vu totalement chamboulé depuis maintenant quasiment trois semaines…

L’autre nouveauté vient du système et des joueurs. La première mesure du n°1 du staff giallorosso fût de déclarer l’amnistie de deux joueurs importants écartés par Zeman : Maarten Stekelenburg et Daniele De Rossi. En effet Andreazzoli souhaite les remettre au coeur du projet et au centre de son 11 de départ. Il décide également de ne pas imposer son système de jeu à son groupe, mais veut profiter au mieux des caractéristiques de ses joueurs. C’est à partir de ce principe qu’il décide d’utiliser une défense à trois, quand tout le monde le voyait utiliser le bon vieux 4-2-3-1 typique de Spalletti. Il replace notamment Burdisso en libéro de cette défense. Alors que Castan se blesse pour plusieurs semaines, il ne renonce pas à sa défense à trois, et réinvente un rôle pour le paraguayen Ivan Piris, qui jusque là convainc bien à ce poste. Au milieu les transformations sont également nombreuses. La plus audacieuse, réalisé face à la Juventus, fût celle d’introniser une paire de récupérateurs composée par Daniele De Rossi (l’homme attelé aux tâches défensives) et Miralem Pjanic (à qui on donne les clés du jeu pour apporter la lumières des premières relances et pour la création du jeu. Un binome qui avec les automatismes à tout pour devenir l’un des tous meilleurs en Europe, alliant force et technicité. Sur les côtés, il place deux latéraux capables de prendre leur couloir, autant défensivement qu’offensivement. A droite c’est le grec Vasilis Torosidis qui s’impose dès le second match, tandis que le poste à gauche ne semble pas encore totalement défini : Marquinho, Balzaretti voir même Dodo sont encore en ballotage.  Devant, là encore à partir du match contre la Juve, il décide de conserver un trident offensif, mais plus axial. En effet Erik Lamela (qui retrouve une position centrale, et délaisse donc son côté droit utilisé sous Zeman) et Francesco Totti joue les pistons entre le milieu et la pointe Pablo Osvaldo. Certains joueurs n’ont à l’inverse pas profité de ce changement d’entraineur, comme Goicoechea, Tachtsidis, ou encore Florenzi. Ce dernier se montre cependant exemplaire dans son comportement, et souhaitant se battre comme à son habitude sur sa place.

Andreazzoli a surtout réussi ses débuts sur le plan comptable : 2 victoires et 1 défaite, pour 6 points sur 9 possibles. Si quelques choix ont pu être critiqué concernant sa composition d’équipe face à la Sampdoria, la victoire aurait été un score plutôt mérité pour les giallorossi. Oui mais voila, de nouvelles erreurs individuelles en ont décidé autrement : on peut notamment citer la perte de balle enfantine de De Rossi, qui amène le premier but, ou encore le penalty manqué d’Osvaldo. Mais la semaine tumultueuse qui a suivi a été géré de très belle façon, à tel point que ses joueurs ont rendu une copie parfaite face à la Juve, dominant le leader de Série A dans quasiment tous les compartiments du jeu. Une victoire qui fût la première de 2013 en championnat. La première victoire en déplacement depuis quasiment trois mois arrive le week end suivant contre l’Atalanta. La victoire fût ici acquise dans la douleurs, avec des conditions climatiques chaotiques. Comme contre la Juve, c’est surtout dans l’état d’esprit que l’on constate une différence, avec un collectif qui semble retrouvé et une envie de se battre les uns pour les autres.

En somme, un retour à la simplicité, qui pour le moment semble porter ses fruits. C’est seulement au terme de la saison, et en fonction des résultats, que la societa décidera ou non de continuer avec Aurelio Andreazzoli. Une porte qui reste actuellement ouverte au vue de la dimension positive qu’il a peu prendre en trois semaines, et des retours positifs qui reviennent de ses joueurs.