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Analyse tactique, Spalletti est-il responsable de l’égalisation ?

Au lendemain de ce partage des points, et de cette (énième) remontée, face à l’Austria de Vienne, nous vous proposons une petite analyse tactique sur les deux derniers buts autrichiens, et notamment un fait de jeu réalisé par Luciano Spalletti qui a été le tournant du match.

Le tournant du match

81ème minute. La Roma maîtrise le ballon facilement depuis la rentrée dans le dernier quart d’heure (soit 5 minutes), et ne laisse pas une miette à son adversaire du soir qui ne fait que courir derrière la balle. Spalletti décide d’effectuer son dernier changement, en remplaçant Juan Iturbe par Edin Dzeko. La conséquence directe est qu’il réalise quelques modifications au sein de son schéma de jeu. Le principal intéressé est Radja Nainggolan qui quitte sa position de meneur de jeu pour se déplacer dans le couloir gauche en place de l’argentin. Francesco Totti quitte lui la pointe pour se placer en soutien du bosnien. Tout entraîneur vous dira que les minutes suivants ce genre de modification tactique sont primordiales et peuvent causer quelques errements et inattentions. Difficile de lui reprocher après coup, mais certains entraîneurs préfèrent également attendre d’avoir le ballon (ici la touche était pour l’adversaire) pour réaliser un changement tactique, permettant de se mettre en ordre de marche de façon plus simple en phase de possession.

Une action d’école et une erreur de placement dans le couloir gauche

A la reprise du jeu, l’Austria effectue sa remise en jeu via une touche (comme on le voit sur la photo au-dessus). Les autrichiens vont alors enchaîner une phase de jeu avec 12 passes consécutives, sans que la Louve touche le ballon (exception faite d’une tête de Kostas Manolas qui revient immédiatement sur un adversaire) : le ballon circule, via les 4 défenseurs, de l’arrière-droit à l’arrière-gauche, pour atteindre en quelques dédoublements de passes l’ailier gauche. Ce dernier va alors repiquer dans l’axe pour trouver un coéquipier à l’entrée de la surface, qui va alors facilement créer le décalage sur son latéral droit (qui était à l’origine de la remise en jeu). C’est alors que l’on constate, comme souvent, un Juan Jesus bien trop recentré aux côtés de ses défenseurs centraux, mais surtout un Nainggolan (qui a mis un temps fou à faire son replacement, si on prend la première photo au moment de la touche, et qui aurait du coulisser comme 5ème défenseur) qui ne semble pas vraiment concerné par son adversaire direct dont il doit être au marquage. On mettra également en avant la passivité de Leandro Paredes, qui ne se souci pas de ce qu’il se passe autour de lui, et ne regardant que sa propre surface, ne voit alors pas l’adversaire lui passer devant pour conclure par une frappe au premier poteau.


Seul Totti va toucher le ballon jusqu’au but égalisateur

Alors que seul Kostas Manolas avait touché le ballon depuis le changement Iturbe <=> Dzeko, seul Francesco Totti va le toucher entre le second et le troisième but adverse. Alors que les joueurs de la Roma déclarent souvent que la présence du n°10 giallorosso sur la pelouse les transcendent, le Capitano a peut-être lancé de mauvais signaux à ce moment précis : d’abord lorsqu’au coup d’envoi Totti décide de partir en dribble-solitaire au milieu des autrichiens, où il obtient un coup franc après en avoir éliminé quelques uns, alors qu’il aurait sûrement été plus judicieux de poser le pied sur le ballon et ré-entamer une phase de possession de balle, comme cela fût le cas jusqu’à la 81ème minute. Puis lorsqu’il décide de tirer ce coup-franc (à environ 40 mètres de la cage adverse) directement dans la boite, où Edin Dzeko ne peut que constater la présence du ballon dans les gants du gardien adverse, alors que là encore il aurait peut-être été plus utile de jouer le coup-franc de manière « courte » et encore une fois poser le jeu, sans paniquer. Et là tout va très vite. Le gardien autrichien relance à la main sur son défenseur central droit (voir photo ci-dessous), qui va d’une extrême facilité courir entre Francesco Totti et Radja Nainggolan (qui se replacent tous deux en trottinant), avancer de quasiment 30 mètres tout seul et casser les lignes en trouvant son ailier droit, qui obtient un coup-franc sur une faute de Juan Jesus (qui se retrouve donc impliqué sur les trois buts, et comme principal coupable de cette contre-performance). Là encore, même si cela est moins flagrant que sur l’autre but, le « Ninja » aurait pu se placer entre le porteur du ballon et l’ailier-droit adverse, s’il avait fait le mètre en plus en revenant de façon plus rapide (voir photo ci-dessous), mais avait-il encore les jambes ?


La conclusion

Alors on ne refait pas le monde et on ne refait pas le match. Mais il est légitime de se demander si ce changement n’a pas déstabiliser l’équilibre tactique et collectif (avec seulement deux giallorossi ayant touché le ballon entre ce dernier remplacement et le but égalisateur), et notamment s’il était judicieux de replacer Radja Nainggolan dans le couloir gauche (qui semblait piocher dans ses réserves), alors que Juan Iturbe semblait encore affûté pour faire les efforts défensifs (et si on peut lui reprocher son apport offensif, proche du néant, difficile de le critiquer sur son repli défensif). Alors à vous de juger…

Pour revoir la séquence en version « direct », ICI

Romanista35