Site AS ROMA

« Allez Castan, réussis aussi ce tacle ! »

Il n’aura fallu que deux saisons pour que Leandro Castan devienne l’un des chouchous de la tifoseria giallorossa. Pas seulement pour ses prestations sur les terrains avec l’AS Roma, mais surtout par son tempérament de guerrier et son comportement exemplaire hors du terrain. Outre son absence importante pour Rudi Garcia, la nouvelle de son opération au cerveau a été un véritable choc pour les tifosi, qui espérent tous un bon rétablissement à Leo.

L’arrivée lors de l’été 2012 dans un climat difficile

Sortant d’une saison très compliquée sous la houlette de Luis Enrique, les tifosi et médias perdent patience. Ces derniers demandent donc des certitudes et l’arrivée de Leandro Castan, quasi inconnu à ce moment, ne rassure pas l’environnement romanista, dans un secteur défensive où la Louve a justement besoin de trouver de la sécurité. Alors que Walter Sabatini recrute un jeune inconnu de 18 ans, Marquinhos, il défend également bec et ongle l’arrivée de Castan et le fait savoir lors d’une conférence de presse au mois de juin : « Castan n’est pas encore officiel, mais il est très probable. Je ne dis pas qu’il sera le prochain Thiago Silva, mais c’est un défenseur solide, efficace et sérieux. Ce soir il joue la finale de la Libertadores, un événement d’envergure internationale qui mobilise des millions de personnes. Par exemple pourquoi Pique, qui a joué une finale de Champions League, est le top player et Castan qui joue en finale de Libertadores non ? Pourquoi doit-il être considéré comme une réserve ? Je ne dis pas que c’est un top player mais c’est un grand joueur ». Et son passé ne joue pas en sa faveur. En effet, Castan débarque dans la Capitale italienne à 25 ans, après avoir manqué sa première aventure européenne, à l’âge de 20 ans du côté de Helsinborg en Suède. Un parallèle que l’on pouvait alors faire avec Thiago Silva, qui a d’abord raté un passage en Russie, avant d’exploser du côté du Milan AC ensuite.

Charnière 100% Brésil avec Marquinhos, mais pas de feeling avec Zeman

« Leo » n’arrive pas avec un CV vierge. En effet, à son retour au Brésil, le défenseur gaucher a été l’un des piliers du Corinthians, vainqueur en l’espace de quelques mois du championnat national, puis de la Copa Libertadores (équivalent de la Champions League européenne). C’est donc doté d’une bonne expérience individuelle et collective que Castan fait son deuxième passage dans le vieux continent. Titulaire indiscutable à gauche de la charnière centrale dès son arrivée, il est d’abord associé quelques matchs à l’argentin Nicolas Burdisso. Cependant ce dernier ne se remet pas vraiment de sa grave blessure au genou, et très vite son jeune compatriote et ex-coéquipier Marquinhos vient l’épauler en défense. Si leurs prestations respectives sont régulièrement bonnes, les carences et la faillite collective les empêche de briller réellement, et les résultats ne suivent pas. Castan évoquera d’ailleurs plusieurs fois le fait que Zdenek Zeman ne lui aura pas adressé une seule fois la parole en l’espace de 6 mois (« Beaucoup de choses sont différentes. Maintenant l’entraineur parle avec les joueurs. En 6 mois Zeman n’a pas parlé un seul jour avec moi. Maintenant c’est l’harmonie, Andreazzoli depuis le premier jour m’a dit les choses qui me plaisent ou non, comme il le faut pour travailler : c’est un entraineur juste »). Leandro serre les dents, et la défense giallorossa retrouvera une certaine solidité avec la permanence temporaire d’Aurelio Andreazzoli, parfois avec une défense à 3. Sans faire une grande saison, il disputera fin 2012 ses deux premières sélections avec le Brésil, au poste d’arrière gauche avec Dunga.

L’une des meilleures charnières européennes avec Benatia

« Marquinhos. A 18 ans il a la tête d’un champion, une grande expérience et une humilité unique. Mamma mia quel joueur, j’espère qu’il ne partira pas et que Sabatini le fera rester longtemps ». Voici les mots de Castan au sujet de son jeune coéquipier. Malheureusement le directeur sportif ne permettra pas à son espérance de perdurer, puisque Marquinhos est transféré lors de l’été 2013 du côté du PSG, pour une somme avoisinant les 30 millions d’euros. Mais le n°5 giallorosso n’y perdra pas vraiment au change, en récupérant Mehdi Benatia, fraîchement débarqué de l’Udinese pour environ 15 millions d’euros, et considéré comme un des meilleurs défenseurs de Serie A depuis plusieurs saisons. Associé aux arrivées de Rudi Garcia, Morgan De Sanctis ou encore le renouveau de Daniele De Rossi, le collectif romanista retrouve des couleurs et devient l’une des meilleures défenses européennes en terme de statistiques. Castan et Benatia, que beaucoup critiquaient en début de saison, les estimant trop similaires et pas assez complémentaires, deviennent très vite un véritable mur pour les attaquants du championnat italien. Notamment grâce à cette charnière, la Louve se bat jusqu’au bout avec la Juventus, et termine à une honorable deuxième place. Sur le plan individuelle, Castan réalise une grande saison et laisse les derniers sceptiques à son égard sur la touche.

Blessures à répétition et longue absence inexpliquée

Là encore Castan devra redémarrer ses automatismes de zéro. S’il débute la préparation avec lui, l’international marocain rejoint alors le Bayern Munich pour un peu plus de 25 millions d’euros. La stratégie, notamment en vue de disputer la Champions League, est de ne pas avoir seulement deux défenseurs centraux potentiellement titulaire et Manolas ainsi qu’Astori font alors leur arrivée. Associé justement au joueur arrivé de Cagliari, Leandro se blessure une première fois lors du dernier match amical aux USA, face à l’Inter, dans les toutes premières minutes. Alors qu’il n’a jamais connu la moindre blessure dans sa carrière, une douleur musculaire à la cuisse l’éloignera des pelouses pour environ 2-3 semaines. Lors du dernier match amical à l’Olimpico, face au Fenerbahçe, rebelote pour le brésilien. Peut-être revenu trop tôt, sa cuisse lâche de nouveau et il doit quitter la pelouse. Il manque alors la première journée de Serie A, et la réception de la Fiorentina, mais fera son retour juste après la trêve internationale et démarre alors titulaire lors du déplacement à Empoli, au côté de Manolas. Sans que l’on sache la réelle cause, Castan sort à la pause, remplacé par Astori. S’en suivra alors une période d’environ deux mois où il squattera entre physiothérapie, gymnase et quelques petites apparitions à courir à petite foulée sur la pelouse. Les pires rumeurs circulent, allant jusqu’à la tumeur ou le cancer.

Le communiqué tombe dans les derniers jours de novembre : Cavernome au cerveau

« Je vais très bien grâce à Dieu, je suis heureux et d’ici peu je reviendrais. J’ai été mal pendant 5 jours sans manger, j’ai eu ce virus qui m’a rendu extrêmement faible. J’ai entendu des rumeurs comme quoi j’avais eu quelque chose de grave, mais cela est faux. J’ai entendu que j’avais une tumeur ou encore un cancer. Tout cela est farfelu. Je demande respect, j’ai une famille, des enfants, si certains veulent des informations, merci de trouver la vérité. Je suis bien, j’ai envie de revenir, ce n’est pas facile de rester aussi longtemps hors du terrain, mais je suis prêt à faire mon retour. Je veux jouer avec la Roma, maintenant que je suis à 100% ». Voici les mots de Castan, soit environ un mois avant le fatidique communiqué officiel de la societa, laissant présager que l’entité causant les symptômes n’avait pas encore été trouvé. Quelques jours avant celui-ci, Walter Sabatini avait déclaré : « Il va bien, il a un petit problème congénital qui a depuis toujours, mais il n’y a aucune chose tragique. Très rapidement nous ferons un communiqué clair, nous expliquerons ce qu’il a eu et quand il rejouera. Nous l’attendons, c’est un grand joueur ». La suite vous la connaissez. Alors qu’il s’entraîne avec le groupe depuis plusieurs jours de façon normale, Castan fût opéré ce mercredi d’un cavernome au cerveau, avec succès et sans complications. Il faudra attendre encore quelques jours pour connaître approximativement la durée de son indisponibilité. Que cela soit 3 mois ou 6 mois, tous les tifosi t’attendent Leo !