90 minutes de plaisir entre 22 étoiles

Après un début de saison quasi parfait (7 victoires, 1 nul à City et une défaite 3-2 à Turin), l’AS Roma accueille (devant environ 70 000 tifosi, dont 5 000 allemands) ce mardi l’ogre du Bayern Munich, pour le match au sommet de cette 3ème journée de Champions League, avec respectivement 6 et 4 points chacun.

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La conférence du mister et de De Rossi

Rudi Garcia

« Si les responsabilités augmentent après les résultats ? Pas du tout, on reste outsiders. On a fait deux bons matchs mais on doit continuer à jouer. Demain ça sera un match de haut niveau et j’attends l’Olimpico plein, avec une joie importante. Puis il y aura la vérité du terrain, mais on aura nos moments et il faudra les exploiter. Guardiola ? L’un des plus forts. Il a beaucoup gagné à Barcelone en les faisant jouer de très belle manière. Il a choisi un défi difficile en allant dans l’un des plus grands clubs qui avait tout gagné l’an d’avant. Il a beaucoup gagne l »an dernier et il a montré qu ce n’était pas seulement les joueurs du Barça qui étaient forts mais leur entraîneur. Le rapport de Benatia avec la rosa de la Roma ? C’est un joueur du Bayern, plus de la Roma. Je m’occupe seulement de mes joueurs. Si l’enthousiasme peut être l’atout de la Roma ? Oui, l’un des paramètres. Notre jeu doit être celui de prendre du plaisir sur le terrain, demain ça ne change pas. Puis il faut être intelligent sur le terrain et voir comment évoluent les choses, mais l’engagement doit être celui-ci. Si je me sens de dire que l’on gagnera contre le Bayern comme j’ai dit que l’on gagnera le scudetto ? Dans un match de football tout peut arriver, même les belles choses. Seulement parce qu’il y a le club le plus fort du monde économique avec de grands joueurs, qui gagnent quasiment tout le temps, ce n’est pas dit que l’on ait déjà gagné. Pour nous ça sera difficile, mais on fera en sorte que ça le soit pour eux aussi. On fera tout pour prendre des points.

Si j’ai regardé les deux matchs du Bayern en C1 cette saison ou le match contre le Real l’an dernier ? On en a regardé beaucoup, de championnat aussi. Et ce match aussi. Un détail peut faire la différence, puis s’adapter sur le terrain peut être une qualité de l’équipe, j’ai des joueurs intelligents qui ont de l’expérience et parfois il y a une stratégie à mettre au point, mais il faut avoir un plan B qui t’aide à avoir un résultat positif. Si j’ai peur de la défense du Bayern qui ne prend pas de but depuis quasi 2 mois ? Nous respectons toujours l’adversaire mais on a peur de personne. C’est important car demain on affronte une grande équipe avec de grands joueurs, mais on en a aussi et on a l’envie de faire un grand match. Nos 70 000 tifosi nous donneront de la force et on donnera tout. Puis on verra ce qu’il arrivera, mais le rôle d’outsider nous va bien. Ce qui compte demain c’est de jouer et de ne pas être spectateur. Finir ce match sur un résultat positif. Si cela peut être le match qui nous donne la conscience de pouvoir gagner la C1 ? Si un nul irait ? On peut aller contre les pronostiques comme quoi on sortira pas du groupe. L’objectif est de passer le tour, en faisant un bon résultat demain ça reste faisable, même si on ne sera qu’à la moitié du demi-championnat.

Daniele De Rossi

« Si l’enthousiasme peut être l’atout de la Roma ? Je pense comme le mister, je suis convaincu qu’on peut passer. Je le vois chez les joueurs, par rapport à notre jeu et par rapport à la façon dont on a joué les deux premiers matchs malgré le statut d’outsider. Jouer avec joie est ce qui nous réussi le mieux, même en championnat nous jouons toujours bien ainsi, puis quand tu rentres sur le terrain c’est pour gagner. Nous avons des joueurs dont c’est la première Champions mais qui ont beaucoup de matchs internationaux et qui ont joué le Mondial. On veut passer le tour et on peut le faire. Les deux équipes sont très différentes du Roma-Bayern d’il y a 4 ans… Je réponds moi car le Mister n’était pas là. Notre ambition a changé depuis par rapport à l’an dernier. Celle de l’époque était aussi une équipe forte et on avait joué une remontée contre le Bayern. Ils étaient déjà qualifiés et peut-être avaient-ils levé le pied, demain ça ne sera pas décisif mais très important pour les deux. On est aussi forts, sinon plus. Ce que m’ont appris les matchs de Champions ? La différence qui saute aux yeux est qu’en Europe tout le monde joue. Il y a des équipes habituées à jouer au foot dans leur propre pays, alors qu’en Italie on a l’habitude de jouer contre des équipes faisant le mur, des équipes qui renoncent. C’est toujours un sentiment particulier au niveau de l’atmosphère car c’est la compétition la plus importante, te donne la sensation que la Roma des dernières années a toujours eu une équipe qui a toujours joué au foot et bien fait en C1. Parfois mieux qu’en championnat. 

Au niveau arbitrale tu te sens plus suivi en Europe ? Je ne saurai pas le dire, nous sommes plus habitués à jouer en Italie car parfois une année en Europe tu joues pas. Il y a plus de matchs pour juger et on a la sensation que chez nous il y a plus d’erreurs car on joue plus. Mais à l’étranger aussi il y en a et il faut dire que ceux qui se lamentent en Italie sont les mêmes qui se lamentent au Mondial. Le niveau est le même, car les arbitres qui dirigent les matchs de championnat sont ceux qui vont ensuite en C1. Les décisions parfois en Italie sont plus discutables et on en parle plus. Si je suis sûr d’avoir bien fait de rester à la Roma ? Quand il a fallu choisir, le choix n’était pas par ambition. Pas parce que la Roma n’en a pas, mais à l’époque j’ai refusé des projets encore plus ambitieux. Ce n’est pas l’envie de remporter la C1 qui m’a fait rester, ce que je vis à présent est quand même le niveau le plus haut que j’ai atteint avec ce maillot. Ce n’est pas l’équipe la plus forte, mais c’est le moment où je me sens plus fort avec des équipiers très forts, un très bon entraîneur et une très bonne società. Je ne pourrais pas être plus heureux ailleurs. Si un nul irait ? Si on joue da Roma on rendra les tifosi fiers et un nul ne serait pas si mal. On ne va pas sur le terrain pour rester derrière et donner l’image d’une équipe provinciale devant le monde et à notre tifoseria. On entrera sur le terrain pour gagner mais si on fait un nul ça serait pas à jeter à la poubelle car on joue contre une équipe merveilleuse.

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Du côté de Trigoria

L’AS Roma retrouve la Champions League, après trois ans sans la disputer. La dernière édition fût lors de la saison 2010/2011, où les hommes de Claudio Ranieri se retrouvèrent déjà dans la poule du Bayern Munich (avec notamment un succès 3-2 à l’Olimpico, après avoir été mené 2-0 à la pause). Le parcours s’arrêta cependant en 1/8ème de finale, face au Shakthar Donetsk. Les giallorossi peuvent cependant s’appuyer sur le fait qu’ils ont à chaque fois réussi à s’extirper de la phase de groupes, durant les 4 dernières éditions, avec ensuite deux 1/4 de finale (contre Manchester United, après avoir battu Lyon et le Real Madrid au tour précédent) et deux 1/8ème de finale (face aux ukrainiens et Arsenal). Lors de ces dernières éditions, la Louve possède un bilan de 18 victoires, 6 nuls et 13 défaites. Mais toujours placé au sein du Chapeau 2. De manière générale, la Roma a disputé 76 matchs de Champions, pour 30 victoires, 20 nuls et 27 défaites.

Cette édition 2014/2015 a donc bien débuté, avec un large succès face au CSKA Moscou (5-1), où le score affichait trois buts d’écart après seulement 25 minutes de jeu, et un bon point de pris sur la pelouse de Manchester City (1-1, après l’ouverture du score rapide des anglais sur penalty). Cela permet à la Louve d’accueillir le Bayern (2 victoires) en tant que solide deuxième de cette poule. En championnat, le bilan est quasi excellent, avec 6 victoires et 1 seul défaite (il y a 15 jours, sur la pelouse de la Juventus, 3-2). Les romains pointent donc là aussi à la seconde place de Serie A (18 points), à une petite longueur de la Juve et avec 3 points d’avance sur la Sampdoria (surprenant troisième, qui recevra les giallorossi samedi prochain).  Les hommes de Rudi Garcia ont marqué 14 fois en 7 matchs de championnat, et ont encaissé 3 buts. A 5 reprises, deux buts ont été inscrit, tandis qu’une seule fois la Roma n’a marqué qu’un seul but (victoire à Empoli).

Rudi Garcia a révélé la liste des 21 joueurs qui ont été convoqué pour la 3ème journée de Champions League, qui se jouera ce mardi (20h45), face au Bayern Munich (sur BeIn Sports 2). Outre les absents de longue date, Federico Balzaretti et Kevin Strootman, l’infirmerie se vide très légèrement, avec notamment le retour de Juan Manuel Iturbe, tandis que seuls Seydou Keita et Leandro Castan devraient être bloqué pour encore quelques jours. Marco Borriello en a lui pour encore quelques semaines. Suspendu deux matchs en Serie A, Kostas Manolas fait lui aussi son retour. Bogdan Lobont et Urby Emanuelson sont hors-liste, pendant que Tonny Sanabria sera avec la Primavera en UEFA Youth League.

Concernant le onze de départ, De Sanctis gardera la cage giallorossa. La défense centrale sera composé des recrues Manolas et Mapou, tandis que les couloirs seront pris par Maicon à droite et Cole à gauche. De Rossi évoluera dans sa position devant la défense, avec Nainggolan dans le rôle de piston et Pjanic pour animer le jeu. Devant, le trident du moment sera composé de Totti en attaquant axial, avec Gervinho et Iturbe sur les côtés.

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L’adversaire du jour

Outre une défaite en Supercoupe d’Allemagne à la mi-août, le Bayern Munich est à ce jour invaincu entre Bundesliga et Champions League. Un parcours quasi sans-faute qui impressionne déjà. Le plein de points a été fait jusqu’ici en compétition européenne, mais cependant avec deux victoires acquises dans la douleur : D’abord à l’Allianz Arena contre Manchester City (but dans les derniers instants), puis sur la pelouse du CSKA Moscou (grâce à un penalty de Müller). En championnat, le bilan est de 6 victoires et 2 nuls, avec 22 buts marqués et 2 buts encaissés. On pourrait rajouter la qualification lors du premier tour de coupe d’Allemagne, 4-1 contre Preussen Münster. Mais les bavarois reste surtout sur 4 victoires de suite sans encaisser le moindre but, et avec un minimum de 4 buts marqués sur chacune de leurs trois dernières sorties nationale. Mieux encore, cela fait 7 matchs consécutifs comme les hommes de Pep Guardiola n’ont pas encaissé le moindre but. Autant dire que la tâche s’annonce périlleuse. 

Manchester City a peu bougé durant ce mercato estival, avec cependant deux importants départs à noter : Celui de Tony Kroos vers le Real Madrid pour 25 millions d’euros, et celui de Mario Mandzukic vers l’Atletico Madrid pour 22 millions d’euros. On rajoutera le prêt de Diego Contento aux Girondins de Bordeaux. Cela a permis au champion d’Allemagne de se renforcer à plusieurs postes. A commencer par l’arrivée du gardien Pep Reina (Liverpool) pour 3 millions d’euros, du défenseur central Mehdi Benatia (provenance de l’AS Roma) pour la somme de 26 millions d’euros, le latéral gauche Juan Bernat (Valence) pour 10 millions d’euros, le milieu Xabi Alonso (Real Madrid) contre la somme de 8 millions d’euros et enfin l’arrivée gratuite de Robert Lewandowski devant (Borussia Dortmund).

L’équipe sera composé demain de Neuer dans la cage. La défense sera constituée par une ligne de 4 joueurs, où l’on retrouvera Boateng et Dante dans l’axe, avec Rafinha et Alaba sur les côtés. La paire de récupérateur sera constitué par Xabi Alonso et Lahm. Enfin devant, Lewandowski sera soutenu par une ligne à trois joueurs avec Robben, Müller et Goetze.

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Les dernières confrontations

Les deux équipes s’étaient déjà rencontrées durant la saison 2010/2011, étant ensembles insérés dans la poule du FC Bâle et de Cluj. Lors du match aller, c’est les allemands qui s’étaient imposés sur leur pelouse grâce à des buts de Müller et Klose, pendant que la Louve avait crée la sensation lors du match retour. Rapidement menés 2-0, les hommes de Claudio Ranieri l’avaient finalement emporté sur un score de 3-2, grâce à des buts de Borriello, De Rossi et Totti. A noter que lors d’un 1/4 de finale de Coupe des Coupes en 1985, les allemands étaient venus s’imposer à l’Olimpico sur le score de 2-1.

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Le duel du match

Kostas Manolas / Mehdi Benatia: Difficile de dégager un duel de ce match où l’on aura 22 étoiles sur la pelouse au coup d’envoi, mais un sort du lot de part son ampleur médiatique. D’un côté le présent et le futur de l’AS Roma, et de l’autre côté un joueur représentant son passé. Mehdi Benatia est passé en l’espace de 4 ans du Clermont Foot au Bayern Munich. Recruté par l’AS Roma l’été passé du côté de l’Udinese pour la somme d’environ 13 millions d’euros, le joueur a très vite répondu aux attentes qui étaient placés en lui, en devenant notamment très rapidement « troisième capitaine » derrière les indéboulonables Totti et De Rossi, mais ce montrant surtout un véritable pilier défensif de l’organisation du mister Rudi Garcia. Sans oublier les 5 buts inscrits par l’international marocain. Un an plus tard, Benatia décide d’accepter le challenge bavarois, dont le Bayern déboursera 26 millions d’euros pour s’associer ses services. Notamment à cause de problèmes physique, Benatia n’a jusqu’ici que peu joué de rencontres. Kostas Manolas possède lui aussi une trajectoire grimpante, mais probablement à plus grande vitesse. Alors qu’il n’est âgé que de 24 ans, le joueur grec a déjà connu une Coupe du Monde et plusieurs grandes rencontres en Champions League (notamment face au PSG et Manchester United la saison dernière. Passé très jeune de l’AEK Athène à l’Olympiakos, le voila donc déjà dans un grand d’Europe, où il est arrivé à l’AS Roma contre la somme de 13 millions d’euros. A peine arrivé, Manolas est directement lancé titulaire, et ne quittera plus cette place, jusqu’à son expulsion sur le terrain de la Juventus (suite à un contact avec Morata). L’objectif est clair : faire oublier Benatia et devenir un nouveau patron de la défense giallorossa.

 

L’arbitre du match

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L’arbitre de la rencontre sera Mr Jonas Eriksson. Cet arbitre hollandais suédois a dirigé à une reprise l’AS Roma en Champions League. Cela était le 28 septembre 2010, avec une victoire 2-1 à la maison face aux roumains de Cluj. Les allemands ont eux eu l’honneur d’avoir à trois reprises cet arbitre, pour 1 victoire (contre Manchester United à domicile la saison dernière, score 3-1) et deux nuls (d’abord en SuperCoppa 2013 face à Chelsea, 2-2 puis victoire aux tirs au but, et ensuite contre Braga en Europa League en 2011). Cet arbitre a dirigé 3 fois le Milan AC (3 nuls contre le Barca et l’Ajax en Champions League, et Werder Brême en Europa League), 2 fois le Napoli (2 matchs nuls contre Manchester City en 2011 et contre Bilbao en ce début de saison) et 2 fois la Juventus (2 victoires contre le Shakthar Donetsk et Cophenague). 

Les équipes probables

AS Roma (4-3-3):
De Sanctis
Maicon-Manolas-Mapou-Cole
De Rossi
Pjanic-Nainggolan

Iturbe-Totti-Gervinho

Remplaçants: Skorupski, Torosidis (ou Holebas), Astori, Paredes (ou Uçan), Florenzi, Ljajic, Destro.
Blessé(s): Balzaretti, Strootman, Castan, Keita, Borriello.
Non-sélectionné(s): Lobont, Somma, Emanuelson, Sanabria.

Bayern Munich (4-2-3-1): Neuer; Rafinha, Boateng, Dante, Alaba; Xabi Alonso, Lahm; Robben, Müller, Goetze; Lewandowski.